‹ Histoire de MontesquieuChapitre 106 sur 274 · ESSAIS DE LA GRANDEUR DES ROMAINS · texte numérisé non relu

ESSAIS DE LA GRANDEUR DES ROMAINS

soixante dix-huit pages in-douze, intitulé Historia romana^ qui doit dater de son temps d'écolier. C'est une histoire romaine rédigée par demandes et par réponses. Elle contient d'abord l'origine de la ville éternelle; puis neuf chapitres sont consacrés à un résumé de toutes les guerres soutenues par elle depuis Romulus jusqu'à Jules César. Le dernier paragraphe est ainsi conçu : « Tune Hoctavius Cœsar, cognomento « Augustus, imperatorum omnium maximus, poten- « tissimus, felicissimus, rerum omnium repub. potier tus est. »

Dans sa jeunesse, Montesquieu avait encore ébauché un discours sur Cicéron : « Celui de tous les anciens « auquel il aurait aimé le mieux à ressembler, » dit-U».

Nous savons qu'en 1716, l'académie de Bordeaux avait entendu de lui une dissertation sur la Politique des Romains dans la religion et qu'en 1721, le dialogue de Sylla et dEucrate fut lu par lui devant le club de VEntre-Sol.

Quelques mois de séjour à Rome lui avaient causé une vive impression. La topographie de cette ville, les ruines du passé, la vue diî présent lui donnèrent une intelligence supérieure de son sujet. D'ailleurs il disait^: « On ne peut jamais quitter les Romains : c'est ainsi « qu'encore aujourd'hui, dans leur capitale, on laissé

1. Labat. Recueil de V Académie d*Àgen^ 1834, 3. Esprit des Lois^ 1. XI, ch. xiii«

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« les nouveaux palais pour aller chercher des ruines ; « c'est ainsi que l'œil qui s'est reposé sur l'émail des « prairies, aime à voiries rochers elles montagnes ».

Le fils de Montesquieu nous apprend * qu'alors son père se livra sur ce sujet « à des lectures immenses « qu'il avait commencées en Angleterre. » Il y a plus ^ : un bénédictin de Saint-Maur qui, mécontent de son cloître, alla, sous l'habit séculier, se cacher pendant deux ans à La Brède , payait son asile en faisant des recherches relatives aux Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains. Comme le géographe ne rapetisse pas un fleuve parce qu'il indique ses affluents, je ne crois pas diminuer le mérite de Montesquieu en indiquant les auteurs qu'il s'est le plus assimilés, mais que lui seul pouvait s'assimiler aussi bien.

Polybç, ancien soldat, diplomate honoraire, Grec exilé chez les Romains, a consacré à ses ennemis quelques livres de son Histoire générale. Ce sont des récits raisonnes, où se découvrent les secrets de leur politique, l'esprit de leurs institutions et leur organisation militaire, et qui sont faits pour l'utiUté des hommes d'État, des gens de guerre et des citoyens.

Tout autre est Y Abrégé d'histoire romaine de Florus. On y sent l'écrivain de profession, qui n'a pas été mêlé aux affaires ; il regarde le peuple dont il écrit les

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