‹ Histoire de MontesquieuChapitre 118 sur 274 · PROCES AVEC LA VILLE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

PROCES AVEC LA VILLE DE BORDEAUX

j'ai préféré le parti de faire simplement un acte conservatoire à MM. les Jurats. Je vous souhaite une bonne santé, Monsieur, et vous prie de me conserver l'honneur de votre amitié...

S'il est certain qu'il écrivait lui-même ces lettres, on peut soupçonner, au tour incisif de la discussion et à l'érudition de la défense, qu'il travaillait un peu luimême, sous le nom de son procureur, aux mémoires judiciaires de 1741 contre « le sieur syndic, cet a honmie si étendu dans ses écritures, qui tourne de € cent façons les plus petites objections... On voit « bien que les frais de la plaidoirie ne lui coûtent pas € grand'chose. Dispensateur d'un revenu de quatre « ou cinq cent mille livres de rente, une dépense de € quelques milliers de pistoles pour une lande qui « n'en vaut pas cinq cents ne le touche guère... « Quelle réponse à tout cela ? qu'un air de confiance « que prend le syndic chaque fois qu'il est abattu :

Ducis ut ilex tonsa bipennibus...

Per damna, per caedes, ab ipso Ducit opes animumque ferro».

Bien qu'il eût médit de la procédure, Montesquieu en avait, cette fois, fait un profitable usage pour luimôme. Car à l'issue de cette lutte, soutenue avec un peu d'âpreté peut-être, la ville de Bordeaux lui abandonna onze cents arpents de landes ^.

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