Hopat. Ii/r., llv. IV
?. Lettre de Montesquieu du 9 avril 1754.
Sans doute, on hésite à convenir qu'il était plaideur, mais pourquoi soutint-il des procès pour d'autres que pour lui? Je n'en citerai que deux de ce genre.
L'un * est au nom de sa chère académie de Bordeaux. En 1749, l'intendant de Guyenne, dont j'ai parlé déjà, avait besoin, pour l'alignement d'une rue, de traverser les jardins de cette société. Elle refusa de livrer passage et obtint du gouvernement des lettres patentes qui lui donnèrent raison. Tourny forma opposition devant le Parlement qui, en date du 29 janvier 1750, renvoya les parties devant le roi. Montesquieu avait mis dans son livre : « C'est un paralogisme « de dire que le bien particulier doit céder au bien « public... Si le magistrat politique veut faire quelque « édifice public, quelque nouveau chemin, il faut qu'il « indemnise : le public est à cet égard comme un «I particulier qui traite avec un particulier. C'est bien « assez qu'il puisse contraindre un citoyen de lui € vendre son héritage et qu'il lui ôte ce grand pri- « vilége qu'il tient de la loi civile de ne point être « forcé d'aliéner son bien^. » L'Académie chargea donc de ses intérêts Montesquieu, qui alla solliciter à Fontainebleau où se trouvait alors la cour, et vhit à Paris consulter des avocats : le compte rendu de ses nombreuses démarches est dans une de ses lettres inédites du 30 octobre 1750, qui est bien curieuse