‹ Histoire de MontesquieuChapitre 122 sur 274 · Rcrnadau, mfs · texte numérisé non relu

Rcrnadau, mfs

Z, Bernadau, Histoire de Bordeaux ^ in- 12. Bordeaux, 1810.

i70 CHAPITRE XIII.

de poste et d'arriver à son château. Il convoque d'urgence les curés des quatre villages, et en les attendant, il se rend compte des provisions.

Lorsque les ecclésiastiques sont là : c Messieurs, « leur dit-il, je vous prie de m'aider à procurer « quelque soulagement à vos paroissiens. Vous cona naissez ceux qui manqent de blé ou d'argent pour « en acheter. Je veux que tout ce qui est dans mes c magasins leur soient distribué gratuitement : mon € intendant délivrera les quantités que vous fixerez, à < mesure que tous les besoins vous seront connus. Il € ne faut pas qu'on manque du nécessaire chez moi, « quand j'y ai du superflu. Messieurs, vous êtes de € braves gens, je m'en rapporte entièrement à vous « pour faire cette distribution. Vous m'obligerez de a seconder promptement mes intentions et de m'en « garder le secret. »

Montesquieu partit sur l'heure, ne voulant même pas dîner, afin de se dérober aux remercîments de ses curés et de ses vassaux. Selon l'ami qui l'accompagnait dans ce voyage, l'intendant distribua plus de deux cents boisseaux de froment et le boisseau valait, au marché, trente-deux francs. On peut donc évaluer cette munificence au moins à six mille quatre cents livres du temps. Pour comble, afin de prévenir le retour d'un pareil malheur, Montesquieu étabht dans ses domaines des greniers de charité.

Quoi qu'en disent les contemporains, une telle conduite excuse quelques traits d'avarice ; bien mieux.

GÉNÉROSITÉ DE MONTESQUIEU. I7i

l'avarice mérite un autre nom quand elle permet d'être aussi généreux.

L'agriculture et les soins domestiques avaient fait oublier à Montesquieu les plaisanteries des salons sur la Grandeur et la Décadence des Romains.

Après avoir publié ce livre, il avait paru rentrer dans le repos. Mais le petit nombre de ses ouvrages ne l'a pas fait accuser de stérilité. On voit que sa lenteur à produire vient de son respect pour le public et de son amour de l'art : double culte auquel il ne voulait consacrer que les meilleurs formes de sa pensée. Du reste je vais dire quelques mots des œuvres littéraires qui coupaient sa vie de gentilhomme campagnard.

MontoaqniiHi trsvmîDe à VHtMtmrt i* LnûM XI; eorre^pond m^ee les Académies de Bordemnx, de Londres, de Unnéville (Lynnofw), de Berlin et ds Cortone; donne des éditions définitives do TempU de Gnide, des Ltltret ftrunuSf de Sy//a ef £«rrato, da Yoi/aje à Paphot et de la Grandeur dea Romains. — OuTrages divers.

Pendant les dix ans qui siÙTirent la publication de la Grandeur des Romains^ Montesquieu se livra à une foule de travaux variés.

Je voudrais parler d'abord de certain firagment d'une Histoire de Louis XL Est-ce Tébaucbe ou le reste d'un ouvrage ? Les opinions paraissent partagées sur ce point : voici celle d'une personne qui a beaucoup étudié cette question.

II existe quelque part ' un manuscrit qui contient une sorte d'introduction, digne de la Grandeur des Romains. Le début est un tableau de l'état politique de l'Europe à Favénement de Louis XI au trône. Selon Fauteur, cette situation était favorable à ce prince; et ce que les historiens attribuent à son habileté n'est que

1. Biû^rmphie mminrtrlle érMicl^md. V* MoiitflH|iiieQ, par Walke-

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