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LE FILS DE MONTESQUIEU

Rien ne prouve donc que ces deux parents, son frère l'abbé, son cousin le militaire, sa fille aînée, ou le reste de sa famille aient été ses créanciers intellectuels. Mais peut-on nier qu'il ait mis à contribution son fils et sa fille cadette ?

Le fils de Montesquieu, comme on s'en souvient, naquit en 1746, à Martillac, près de Bordeaux. Son père le mit à huit ans au collège Louis-le-6rand, à Paris, sous la haute direction de P. Castel, afin qu'il eût plus de religion que lui-même ^ Ses humanités furent excellentes et excellentes ses études de droit. Comme était sa mère, c'était un garçon candide, bon, modeste et simple, mais des distractions continuelles lui donnaient l'air un peu nigaud*. Marié à vingt-quatre ans, en 1740, il devint un époux accompli, un père tendre, ' un ami sûr, un parfait honnête, homme, un chrétien éclairé. Aussitôt que l'âge le permit, on le fit nommer conseiller au parlement de Guyenne ; il en remplit les ' devoirs avec autant de zèle que de conscience, mais rien ne put le persuader de reprendre la charge de président à mortier que son. père, exprès, n'avait vendue qu'à réméré. Dans ses .loisirs, il accomplissait des voyages de naturaliste, notamment à Baréges et dans les Pyrénées ; il contribuait à réveiller l'attention

1. VEomme moral. Toulouse, 1756, in-12; — Trublel, Mémoires sur Fontenelîe,

2. Hérault de Séchelles, Voyage à Montbar ; — Actes de V Académie de Bordeaux;'-^ Grimm, Correspondance ^ 15 août 1767. — Michaud, Bipfjraphie universelle, v® Montesquieu; — Bernadau, mss.

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sur les services rendus par Olivier de Serres, dont il relisait sans cesse les ouvrages. On connaît de lui sur les sciences, sur le commerce et la marine, des mémoires qui sont fort médiocres. Il se contentait du nom de Secondât * et n'osait, par humilité, porter le nom illustré par son père, qui, d'ailleurs, par un sentiment aussi exagéré, le croyait supérieur à lui-même et le consultait sur ses travaux : singulier aveuglement ! Puisse ce brave homme n'avoir eu aucune influence sur YEsprit des Lois. J'ai peur de me tromper, si j'en juge par la manière dont il a publié, en 1758 la Grandeur des Romains dans l'édition des œuvres complètes de son père. Nous le retrouverons plus tard.

La fille cadette de Montesquieu s'appelait Denise, et plus familièrement Mimi^. Un abbé, qui lui fit des vers italiens, insérés au Mercure de France^ et traduits par Lefranc de Pompignan, vante sa beauté, sa vertu et ses talents ; mais on ne se rappelle que le début de cette pièce :

D'un père illustre adorable portrait...

ff

Tous ceux qui l'ont connue attestent en effet que sa ressemblance physique et morale avec Montesquieu était frappante. Était-ce pour ce motif qu'il lui mon-

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