LE PRÉSIDENT BARBOT
d'elle à quelqu'un : « Voyez-la, elle ne pense pas d'après les autres , » et parce qu'il rencontrait chez elle madame Dupré de Saint-Maur, femme de l'intendant de Bordeaux, qui devait lui fermer les yeux et dont il disait : « Elle est également bonne à en « faire sa maîtresse, sa femme ou son amie ^ d
Après ses connaissances de Paris, il avait celles de province. On manque de détails sur les personnes qu'il fréquentait à Bordeaux; ou plutôt, je n'ai trouvé qu'un homme intéressant.
Barbot était un de ses anciens camarades de collège et d'école de droit, président à la cour des aides et créateur de la bibliothèque de Bordeaux, d'ailleurs esprit d'un jugement sain, et d'une vaste littérature; mais sa modestie l'a empêché de rien publier. On ^ lui a attribué celle des Lettres persanes qui roulent sur la morale ; l'assertion est évidemment fausse, cependant l'imputation est flatteuse pour lui. Ses talents et ses vertus lui avaient mérité la plus grande considération, Montesquieu avait l'habitude de le consulter pour ses ouvrages. C'est ainsi qu'il écrivait, à la date du 3 septembre 1742, cette lettre inédite ^ :
« Je vous dirai que Mademoiselle m'obligea, il y a quelque Icmps que j'étais chez elle, à lui lire un petit roman. Je voudrais bien vous l'envoyer pour savoir ce que vous en pensez au juste, et que vous m'écrivissiez un long jugement, afin