‹ Histoire de MontesquieuChapitre 142 sur 274 · Uibliothèque Cousin · texte numérisé non relu

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que je le corrigeasse. 11 faudrait que le jugement portât sur le tout et sur les parties, même sur les fautes de style. Madame de Mirepoix, à qui je le montrai il y a quelques jours, et qui a prodigieusement de goût, me fit quatre ou cinq critiques très-bonnes et dont je profitai. Il faudrait donc, si vous voulez que je vous l'envoie, que vous me jugeassiez sans flatterie, car je sais bien que vous ne méjugez pas avec sévérité, que votre cœur sera pour, mais je voudrais que votre esprit fût contre ; enfin ce serait pour moi un petit spectacle de savoir au juste ce que vous en pensez : je vous le ferais tenir et vous me le renverriez... »

Aux environs de La Brède, c'est différent*. On le rencontrait allant à l'Estivette pour y causer avec madame Duguat, qui ne manquait ni d'esprit ni d'instruction et qu'il appelait sa « madame de Tencin de campagne ; » il trouvait à Eyquem, madame Gaussen, qui réunissait la piété, la gaieté et le ton de la bonne compagnie ; et à la Sangue, madame Dorly, femme d'un grand sens. Il possédait au plus haut degré le talent de se mettre à la portée de tous ; aussi disait-il qu'il avait trouvé dans les campagnes de Bordeaux des Solons et des Démosthènes.

Il faut parler des autres collaborateurs de Montesquieu.

Tous les grands hommes ont eu près d'eux des confidents, des complaisants, des enthousiastes platoniques, admirateurs dévoués qui les défendaient ou les louaient à l'occasion, et qui se payaient en les voyant de près, heureux d'être les gardes du corps de

5. Latapie, Projet dt rosière à La Brède, Bordeaux, 1823, in-40.

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