Esprit des Lois, liy. VIII, ch. \xi
206 CHAPITRE XVf.
étaient toujours égaux grâce à l'année sabbatique, qui mettait les esclaves en liberté, et à Tannée jubilaire, qui rendait leurs biens aux pères de famille. Sous l'administration du plus digne, il y avait douze tribus. L'une d'elles, sans richesse ni force, exerce un gouvernement spécial : les lévites ne sont que les ministres de Dieu, à qui remonte réellement l'autorité et à qui incombe de choisir les chefs capables de conduire son peuple.
Ce fut seulement par les récits des voyageurs et non par les textes mêmes que Montesquieu a connu ces législateurs. Il faut excepter Moïse, qu'il avait beaucoup lu et qui va nous servir de transition pour passer d'Orient en Occident.
Le plus ancien publiciste que nous offre l'antiquité classique est Platon.
D'après lui, la société doit être organisée en vue du bien moral, c'est-à-dire, de développer chez le plus grand nombre la science et la vertu ; il sufBt de créer un gouvernement homogène et des citoyens patriotes. La manière de Platon pour obtenir ce double résultat est très-simple, comme le sont les utopies. Le premier but, l'unité dans l'État, on y parvient en excluant tous ceux qui ont une individualité, tels que les artistes ; il divise la société en quatre classes infranchissables; il donne des droits et des devoirs pareils à l'honmie et à la femme; enfin il supprime les lois, qu'il remplace par l'éducation. La deuxième condition de cette société est le dévouement absolu à la patrie;