‹ Histoire de MontesquieuChapitre 156 sur 274 · Laplace, tbid · texte numérisé non relu

Laplace, tbid

Un homme, qui avait plus de zèle que de jugement, ayant fait -tomber la conversation sur la religion, lui disait im jour avec vivacité : « On ne voit plus « aujourd'hui que des esprits forts. — Eh ! Monsieur, « interrompit Montesquieu d'un ton encore plus vif, « il y a pour le moins autant d'esprits faibles*. »

Une chose aurait pu lui causer un grand préjudice dans les salons : sa grande distraction. Ainsi ^ un jour qu'il dînait chez lord Waldgrave, devenu ambassadeur d'Angleterre, dans la chaleur d'ime discussion il rendit sept fois de suite son assiette au domestique comme s'il eût fini de manger. Une autre fois^, il partit de Fontainebleau et fit aller son carrosse devant lui afin de le suivre à pied pendant une heure dans la vue de prendre de l'exercice. Il alla ainsi à Villejuif près Paris, croyant n'être qu'à Chailly, près GorbeiL Un dernier exemple me vient encore du duc de Luynes qui l'avait connu.

M. de MoDtesquieu, ud jour qu'il devait dîuer chez le président Hénault avec M. d'Argenson, y arriva à deux heures ; il dit qu'il mourait de faim et demanda pourquoi on ne servait pas. On lui dit qu'on attendait M. d'Argenson et qu'il allait arriver. M. de Montesquieu sort dans la cour pour satisfaire un petit besoin. Il avait oublié de renvoyer son carrosse : ses gens, le voyant dans la cour, croient qu'il ne dtne pas dans cette maison ; le carrosse avance ; on ouvre la portière; M. de Montesquieu monte et arrive chez lui; il

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