Duc de Luynes, Mémoiret, Année 175ô
TÉMOIGNAGE DES CONTEMPORACNS. 219
fut étonné de s'y trouver; il y avait trop loin pour retourner; il envoie quérir un morceau à manger au premier endroit.
L'historien ajoute : « Ces détails peignent son caractère. » Cependant un étranger, jeune ', a remarqué qu'il n'avait pas de distractions dans la compagnie des dames.
Mais sa grande occupation dans le monde était la conversation. Les contemporains ne tarissent pas d'éloge sur elle. D'Arg^nson dit^ :
Il portait dans la société beaucoup de douceur, assez de gaieté, une égalité parfaite, un air de simplicité et de bonhomie qui, vu la réputation qu*il s*est déjà faite, lui forme un mérite particulier.
Dans le feu des conversations, raconte Maupertuis', on trouvait toujours le même homme avec tous lestons. Il semblait encore plus merveilleux que dans ses ouvrages : simple, profond, sublime, il charmait, il instruisait, et n'offensait jamais.
Quand il parlait, ajoute Garât*, ce dont il n'était ni prodigue ni avare, on était toujours sûr d'être avec lui. C'était tour à tour la gaieté piquante de Rica, les vues vastes et concises d'Usbeck, quelquefois l'énergique et pittoresque expression des passions de Roxane, et toujours cette môme énergie lorsque sa haine contre le despotisme allumait son imagination.
Sa conversation , d'après d'Alembert » , était légère ,