CABINET DE TRAVAIL DE MONTESQUIEU
« goût pour les anciens ; cette antiquité m'enchante, « et je suis toujours prêt à dire avec Pline : « Cest « à Athènes que vous allez j respectez les dieux. » Toutefois on peut penser, après avoir examiné sa bibliothèque, ce que Sainte-Beuve a écrit, après avoir lu ses ouvrages* : « Il ne connut jamais « beaucoup cette première antiquité simple, naturelle, « naïve : l'antiquité de Montesquieu était cette se- « conde époque plus réfléchie, plus travaillée, déjà « latine. »
Ces livres étaient un tiers à Paris et deux tiers à la campagne : ce qui indique où leur possesseur travaillait le plus. Le lecteur n'a peut-être pas oublié le château féodal où Montesquieu était né et où il faisait sa résidence de prédilection. Le rez-de-chaussée était réservé à sa famille, mais le premier étage était son habitation intime. On y monte encore par le même escalier en pierre tournant, situé à l'aile gauche.
En 1 838, un Anglais^ était venu en pèlerinage à La Brède ; quand on lui annonça qu'il allait entrer dans la bibliothèque de Montesquieu, il se découvrit et tomba à genoux.
Au fronton se Usait : Bic mortui docent vivos mort.
La pièce est immense^: de dix-sept mètres sur onze; elle est percée de trois portes, celle d'entrée, puis une