L'ESPRIT DES LOIS A L'ÉTRANGER
duc de Savoie * ; il avait même agréé la dédicace de la traduction commencée par l'abbé de Guasco, et il avait permis au futur cardinal Gerdil ^ de commenter V Esprit des Lois devant la société royale de Turin.
Maupertuis avait mandé à Montesquieu que le roi de Prusse l'étudiait, trouvant des choses où il n'était pas de son avis. Et Montesquieu lui avait répondu : c Je parierais bien que je mettrais le doigt sur ces choses *. »
La réussite avait été grande aussi en Suisse. Nous avons vu que Y Esprit des Lois, posant les principes des divers gouvernements, paraissait donner la Vertu comme principe de la démocratie. Cette classification fut vivement applaudie par les hommes qui étaient à la tète des cantons républicains *.
L'effet fut plus vif encore de l'autre côté du détroit. Hume lui demanda la permission de donner .une édition de YEsprit des Lois, Montesquieu lui adressa cette lettre peu connue :
J'étais prêt à vous faire réponse, quand M. Lemosaier est
1. Lettres de Montesquieu de Bordeaux à i'abbë Venuli, s. d.; — D'Argenson, irémotre«, juillet 1749, édit. Janet.
2. Le 15 novembre 17 50. Sclopis, Reckerchei sur V Esprit des Lois, in-8. Turin, 1857.