‹ Histoire de MontesquieuChapitre 2 sur 274 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

déjà connus, et il leur donne un plus grand air de vérité.

En parcourant ces pages si pleines de détails nouveaux, on sent mieux combien Voltaire et Helvétius avaient raison de rapprocher Montesquieu de Montaigne.

Ils sont de même famille et de même esprit.

Tous deux ont gardé le goût du terroir; et, au travers de Toriginalité et de la hardiesse de leurs idées, on sent le Gascon à je ne sais quelle vivacité qui donne à leur langage plus de piquant et de saveur. Tous deux ont également ce mérite que, sous l'apparence de l'ironie, ils ont au plus haut degré le goût de la justice, Tamour de la patrie. M. Louis Vian a mis en plein relief ce beau côté de Montesquieu. L'homme qu'il nous peint est bien celui qui disait de lui-même : u J'ai eu naturellement de l'amour pour le bien et l'honneur de la patrie, et peu pour ce qu'on appelle la gloire. J'ai toujours senti une joie secrète lorsqu'on a fait quelque règlement qui alloit au bien commun. »

Ce qui ressort également des recherches de M. Louis Vian, c'est la bonté de Montesquieu. Il n'est pas seulement prêt à obliger ceux qui ont besoin de lui, comme Piron, La Baumelle, l'hor-

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