‹ Histoire de MontesquieuChapitre 201 sur 274 · Discours sur les VécniU's. liv. I, ch. m · texte numérisé non relu

Discours sur les VécniU's. liv. I, ch. m

Le jugement de Voltaire sur eux est décisif * : « Ils auraient rendu plus de service à notre religion s'ils avaient combattu avec des raisons, mais ils ont été de mauvais avocats d'une bonne cause. »

Ces articles des Nouvelles ecclésiastiques reçurent, sous le titre de Suite de la Défense de /'Esprit des Lois, une réponse que Montesquieu estimait « faite par un protestant, écrivain habile et qui a infiniment d'esprit. » Il se nommait La Beaumelle ; il avait vingtcinq ans, de l'admiration pour le livre nouveau, de l'enthousiasme pour l'auteur et un véritable talent de polémiste. Sa brochure discuta les critiques anciennes et récentes, et combattit tous les adversaires, de telle sorte qu'on l'attribua à Montesquieu. On peut la lire avec agrément.

Deux autres champions se mirent à réfuter : les jésuites, les jansénistes et l'abbé Delaporte. L'un, sous le titre à' Apologie de /'Esprit des Lois eut le défaut de vouloir tout défendre : il s'appelait Boulanger de Rivery. L'autre, Risteau, publia une Réponse aux Observations. Cette réfutation, logique et solide, rétorque souvent l'abbé avec avantage; elle donne

1. Voltaire-Beuchot, t. LXIII, p. 530; — Joseph de Maislre, Lettres^ U II, 5^ paradoxe, dit aussi : « 11 n'y a pas, du moins en France, de plus grande réputation que celle de Montesquieu; mais c^est.que, dans ce genre, il n'y eut jamais dMiomme plus heureux. Tout se réunit en sa Taveur. Une secte pui.-sanle voulut absolument Tadopter et lui offrit la gloire comme un prix d'enrôlement. Les Anglais mêmes consen'irent à lui payer en éloges comptants son chapitre sur la Constitution d'Angleterre. Pour comble de bonheur, il fut mal attaqué et bien défendu ; enQn, ce fut une apothéose. »

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