LES DÉFENSEURS DE MONTESQUIEU
peut-être plus de précision à cpielques points de Y Esprit des Lois. L'auteur, alors négociant à Bordeaux, devint, depuis, directeur de la Compagnie des Indes. Montesquieu faisait, dit-on, grand cas de ce travail * et avouait qu'il eût été embarrassé de répondre aussi bien à certaines objections de ses adversaires. Voici, du reste, une lettre inédite qu'il adressa le 19 mai 1751 à son jeune défenseur :
Les éloges flatteurs que vous donnez à mon livre, Monsieur, me consolent un peu des critiques qu'il a essuyées.
Mais je ne puis penser comme vous sur le despotisme : un gouvernement, cfui est tout à la fois l'état et le prince, vous paraît chimérique; je pense au contraire qu'il jBst trèsréel, et je crois l'avoir peint d'après la vérité... Il y aussi loin du despote au véritable roi que d'un démon à un ange...
Un autre triomphe est différent. On se rappelle la diatribe outrecuidante de Claude Dupin ; elle ne fut pas publiée. Chamfort* en prit prétexte pour inventer l'anecdocte connue :
M. de Montesquieu, dit-il, en eut connaissance et en fut au désespoir. On la fit imprimer, et elle allait paraître, lorsque M. de Montesquieu alla trouver madame de Pompadour, qui, sur sa prière, fit venir l'imprimeur et l'édition tout entière. Elle fut hachée, et on n'en sauva que cinq exemplaires.
Dupin au contraire écrit lui-même, dans une lettre