‹ Histoire de MontesquieuChapitre 207 sur 274 · Mandemeats, in-4. Bibliothèque Mazarine, no 12222. B · texte numérisé non relu

Mandemeats, in-4. Bibliothèque Mazarine, no 12222. B

qui est bonj^'mais pour ce qui est parfait, il est convenable que ce soit des conseils et non pas des lois... Le célibat fut un conseil du christianisme : lorsqu'on eu fit une loi pour un certain ordre de gens, il en fallut chaque jour de nouvelles pour réduire les hommes à Tobservation de celle-ci. Le législateur se fatigua, il fatigua la société, etc.

VI (p. 50). — Je ne parlerai point ici des conséquences de la loi du célibat : on sent qu'elle pourrait devenir nuisible, à proportion que le corps du clergé serait trop étendu.

VII (p. 58).. — Comme il n'y a guère que-les religions inlolérantes qui aient un grand zèle pour s'établir ailleurs... Ce sera une très-bonne loi civile, lorsque l'État est satisfait de la religion déjà établie, de ne point souffrir l'établissement d'une autre. Voici donc le principe fondamental des lois politiques en fait de religion. Quand on est maître de recevoir dans un État une nouvelle religion, ou de ne la pas recevoir, il ne faut pas l'y établir ; quand elle est établie, il faut la tolérer.

Vin (p. 40). — Lorsque l'a religion fondée sur le climat a trop choqué le climat d'un autre pays, elle n'a pu s'y établir... Il semble, humainement parlant, que ce soit le climat qui a prescrit des bornes à la religion chrétienne et à la religion mahométane.

IX (p. 36). — Quand Montézuma} s'obstinait tant à dire que la religion des Espagnols était bonne pour leur pays, et celle du Mexique pour le sien, il ne disait pas une absurdité.

X (p. 286). — Du temps des premiers empereurs, les grandes familles de Rome furent sans cesse exterminées par des jugements. La coutume s'introduisit de prévenir la condamnation par une mort volontaire. On y trouvait un grand avantage : on obtenait l'honneur de la sépulture, et les testaments étaient exécutés ; cela venait de ce qu'il n'y avait point de loi contre ceux qui se tuaient euxmêmes. Mais lorsque les empereurs devinrent aussi avares que cruels, ils ne laissèrent plus à ceux dont ils voulaient se défaire, le moyen de conserver leurs biens, et ils établirent que ce serait un crime de s'ôter la vie par les remords d'un autre crime.

RÉPONSE DE MONTESQUIEU. 28o

XI (t. II, p. 71-72). — La loi de la polygamie est une affaire de calcul... Mais j'ai peine à croire qu'ily ait beaucoup de pays où la disproportion soit assez grande pour qu'elle exige qu'on y introduise la loi de plusieurs femmes, ou la loi de plusieurs maris. Cela veut dire seulement que la pluralité des femmes, ou même la pluralité des hommes, est plus conforme à la nature dans de certains pays que dans d'autres.

XII (t. I«% p. 44-47). — La vertu n'est point le principe du gouvernement monarchique... L'honneur, c'est-à-dire le préjugé de chaque personne et de chaque condition, prend la place de la vertu et la représente partout... Ainsi, dans les monarchies, bien réglées, tout le monde sera à peu près bon citoyen, et on trouvera rarement quelqu'un qui soit homme de bien ; car, pour être homme de bien, il faut avoir l'intention de l'être.

XIII (t. III, p. ii')). — Non, il n'y a point eu après (Julien l'Apostat) de prince plus digne de gouverner les hommes.

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