‹ Histoire de MontesquieuChapitre 206 sur 274 · PROJET DE CENSURE · texte numérisé non relu

PROJET DE CENSURE

de concile permanent : « Je n'ai fait aucune difficulté de lui donner toutes les satisfactions qu'elle a pu désirer. . . Ceux qui en agissent autrement sont des fous. »

Montesquieu se montra d'abord moins accomodant ; il écrivait dans un passage inédit d'une lettre * publiée: « Cette Sorbonne est la mouche du coche ; elle croit qu'elle remue tout. » En réalité elle avait, sur son livre, dressé un projet de censure, dont voici le texte ^ :

Propositiones extraciœ ex libro cui titulus, de I'Esprit des Lois, etc. A Genève, chez Barillot âls, i750, édit, in-\2,

I (l.TI, p. 87). —La répudiation pour raison de la stérilité de la femme ne saurait avoir lieu que dans le cas d'une femme unique.

II (ibid,), — La loi des Maldives permet de reprendre une femme qu'on a répudiée. La loi du Mexique défendait de se réunir sous peine de la vie. La loi du Mexique était plus sensée que celle des Maldives.

III (p. 200). — Les scolastiques s'en infatuèrent(de la philosophie d'Aristote)et prirent de ce philosophe leur doctrine sur le prêt à intérêt; ils le confondirent avec l'usure et le condamnèrent.

IV (p. 360). — L'argent est le signe des valeurs; celui qui a besoin de ce signe doit le louer... C'est bien une action très-bonne de prêter à un autre sou argent sans intérêt; mais on sent que ce ne peut être qu'un conseil de religion, et non une loi civile.

V (t. m, p. 13). — Quand la religion donne des règles, non pour le bien, mais pour le meilleur; non pas pour ce

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