Ibid,, livre XXIV, ch. I
286 CHAPITRE xx;r.
Celui qui n'apoiat de religion est cet animal terrible qui ne sent sa liberté que lorsqu'il déchire et dévore*.
Chose admirable! la religion chrétienne, qui ne semble avoir d'autre objet qiie la félicité de l'autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci*.
Bayle , après avoir insulté toutes les religions, flétrit la religion chrétienne ; il ose avancer que de véritables chrétiens ne formeraient pas un État qui pût subsister. Pourquoi non? Ce seraient des citoyens infiniment éclairés sur leurs devoirs et qui auraient un très-grand zèle pour les remplir'.
Les principes du christianisme, bien gravés dans le cœur, seraient iniiniment plus forts que ce faux honneur des monarchies, ces vertus humaines des républiques, et cette crainte servile des États despotiques ♦.
Nous devons au christianisme, et dans le gouvernement un certain droit politique et dans la guerre un certain droit des gens, que la nature humaine' ne saurait assez reconnaître*.
D'ailleurs Montesquieu convint qu'il pouvait s'être énoncé d'une manière équivoque et offrit de faire les corrections que l'on jugerait nécessaires. La faculté de théologie nomma son syndic Millet et un de ses membres, Regnault, pour travailler avec lui à réformer son ouvrage. Du reste, comme dans les propositions incriminées il s'en trouvait quelques-unes concernant la juridiction, qui souffraient des difficultés, l'auteur gascon ne manqua pas de les faire valoir avec