Cabinet de M. le comte Sclopis
$88 CHAPITRE XXir.
commandalion, ilpriaBoltari^ de lui communiquer son rapport et même de l'envoyer à l'auteur, afin de le mettre à même d'y répondre. C'était à la fin de mars 17S0.
Le 2 juin suivant, Montesquieu adressa de Paris au cardinal Passionei, sans doute pour être communiquées à Bottari et surtout au Pape, les deux pièces inédites suivantes, qui appartiennent à un savant magistrat, conseiller à la cour de Bologne, M. Sozzi :
Monseigneur,
Ceux qui m*ont attaqué m'ont fait le plus grand honneur que je puisse recevoir, puisqu'ils m'ont attiré la protection de Votre Éminence : de sorte que je ne sais si leur inimitié est pour moi un trait de la bonne ou de la mauvaise fortune. La réputation de Votre Éminence dans le monde chrétien, celle qu'elle a dans le monde littéraire, me font regarder ses bontés comme la récompense de mes travaux. Et il est bien glorieux pour moi d'avoir obtenu la protection de celui dont j'avais tant l'ambition d'obtenir l'estime. Son Excellence M. le duc de Nivernais m'a dit, Monseigneur, tout ce que je vous devais, et je me suis senti flatté en lisant sa lettre.
J'ai l'honneur de lui envoyer quelques réflexions que j'ai faites sur celles de monseigneur Bottari ; et Votre Éminence verra que, s'il a trouvé quelquefois des termes qui n'exprimaient pas assez ou qui exprimaient trop, ou des endroits qui n'étaient pas assez développés, je suis cependant presque toujours d'accord avec cet illustre prélat sur le fond des choses. Et telle est la disposition démon esprit et de mon cœur, qu'en me remettant toujours entièrement à vous et à lui, je respecterai toujours de si grandes lumières. Et si je désire que Ton 5pit content de moi dans les autres pays, ce désir est infini-