‹ Histoire de MontesquieuChapitre 213 sur 274 · I . La Défense de VEtprit dcf Lois · texte numérisé non relu

I . La Défense de VEtprit dcf Lois

de YIndex voulait faire examiner son livre, elle attendrait au moins, pour porter un jugement, qu'elle eût vu les réponses de Tauteur et la nouvelle édition, et qu'elle daignerait faire attention qu'il ne s'agit point d'un ouvrage de doctrine et de théologie, mais d'un traité de politique dont la matière est absolument étrangère aux matières de doctrine et de dogme.

L'auteur, digne de considération par sa naissance et par la charge de président à mortier dont il est décoré, a mérité en Italie et'à Rome, lorsqu'il y est venu, l'estime et l'amitié de tous ceux qui l'ont connu. 11 semble digne, par là, qu'on ait quelques égards pour lui et qu'on soit moins prompt à flétrir son livre et à condamner les sentiments qui ont toujours été et seront toujours ceux de la plus saine et de la plus pure doctrine, et exempts de tout soupçon à cet égard.

Au reste, comme on l'a déjà dit, la réponse qu'il y a faite dissipera toutes les objections qui se sont élevées contre le livre ; et l'édition à laquelle il travaille préviendra toutes celles qu'on pourrait faire à l'avenir.

Les postes allaient alors lentement. Les réponses de Montesquieu, envoyées de Paris le 2 juin 1780, n'étaient pas encore arrivées à Rome le 28 août.

Ce jour-là, le secrétaire de YIndex vint prévenir qu'il ne pouvait plus différer de mettre Y Esprit des Lois à l'ordre du jour de la première séance.

Le cardinal Passionei écrivit à Bottari immédiatement :

J'ose espérer que vous aurez demain ces papiers, qui vous sont indispensables, puisque vous devez faire, lundi prochain, votre rapport à la Congrégation. En effet, vous aurez besoin de les étudier, pour pouvoir lui exposer ce qu'ils contiennent et pour vous rendre compte si elle se contenu tera des explications du président.

Vous savez , du reste, qu'il se déclare prêt à changer et à

Page 1