VÉNALITÉ DES CHARGES
était la charge de judicature qui avait été achetée comptant par son bisaïeul et qu'il devait transmettre à son fils.
A ce sujet, on se souvient volontiers que Y Esprit des Lois \ parlant de cette vénalité, dit qu'elle est contraire au principe du gouvernement, qu'il soit despotique ou républicain, et conforme au monarque. Les lecteurs, un peu à la légère, ont accusé Montesquieu de s'en être fait l'apologiste. Voltaire, entre autres, qui savait comment son contemporain était devenu président à mortier, a même ajouté : < On retrouve l'homme « partout; nul de nous n'est sans faiblesse^. » La vérité est que notre auteur a tout simplement écrit que ce mode de transmission est une conséquence de la monarchie. Les termes permettent de croire qu'il ne le désapprouvait pas ; d'ailleurs cette opinion eût été excusable le lendemain du jour où Law et Dubois, désespérant de vaincre l'influence des parlements qui s'opposaient à l'application du système^ avaient songé à rembourser les charges pour les rendre amovibles *.
Du reste, cette vénalité , depuis l'ordonnance de Moulins, rendue par le chancelier de l'Hôpital, était soumise à des conditions de moralité et de capacité qui la rendaient aussi respectable que celle des officiers ministériels d'aujourd'hui.