‹ Histoire de MontesquieuChapitre 47 sur 274 · MEMOIRES D*HI8T0IRB NATURELLE · texte numérisé non relu

MEMOIRES D*HI8T0IRB NATURELLE

discuter très-pertinemment les différentes hypothèse^ qui s'étaient produites sur l'usage des glandes rénales : problème non résolu, même aujourd'hui qu'on a des données plus exactes sur ce point de physiologie. La statistique des maladies de l'année à Bordeaux ne lui donna l'occasion que de faire des réponses aimables et ingénieuses.

Avec la médecine, il s'occupait aussi de physique. Son discours de 1718, sur la cause de F écho y peut être considéré comme un exposé sommaire et sans doute incomplet des idées de son temps sur ce sujet ; il est plus littéraire que scientifique.

Le mémoire sur la transparence des corps (l^' mai 1720) admet que les corps sont d'autant plus transpa^ rents qu'ils opposent le moins de petites surfaces so* lides aux rayons de la lumière traversée par eux , et suppose qu'il existe apparemment des animaux pour lesquels les murailles les plus épaisses sont transparentes.

Le rapport sur la pesanteur des corps garde Tempreinte plus ou moins défigurée de la philosophie cartésienne avec ses tourbillons et sa matière subtile» Newton était depuis longtemps membre associé de l'Académie des sciences de Paris ; ses travaux sur l'at* traction devaient donc être connus en France. On se demande si Montesquieu les a ignorés ou s'il ne les admettait pas.

En 1720, il résume un mémoire sur le fliut et le reflux de la mer et semble approuver, une hypothèse

fondée sur un système des pressions qui est parfaitement inconnu aujourd'hui. Au reste, cette questionne lui a jamais porté bonheur*. On se rappelle surtout qu'il a dit, dans V Esprit des lois^: « La mer, qui « semble vouloir couvrir toute la terre, est arrêtée par € les herbes et les moindres graviers qui se trouvent « sur le rivage. » Conune si la théorie de la gravitation n'était pas découverte depuis plus d'un quart de siècle !

En 1723, Montesquieu, dans une dissertation sur le mouvement relatifs réfuta le mouvement absolu : chimère si appréciée alors.

Les observations sur Chistoire naturelle nous font assister au travail d'un esprit qui cherche à se rendre compte des phénomènes.

Il s'abstint de porter un jugement prématuré sur les huîtres fossiles.

La fleur de la Vigne était un sujet inconnu pour lui ; la manière dont il s'en tira était fort spirituelle.

Tantôt un correspondant obtint de lui des encouragements pour avoir observé un insecte qui avait vécu plusieurs jours sans nourriture. Tantôt un médecin du crû mérita de sa part de gaies félicitations pour avoir trouvé le frëtillâhiâ aquitakia.

Son projet d'histoire physique de la terre ancienne

t. Grandeur des Romains, ch. xy, in fine : a l\ est admirable qu'après tant de guerres , les Romains n'eussent perdu que ce quUls avaient voulu quitter, comme la mer qui n'est moins étendue que lorsqu'elle se retire d'elle-même.

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