‹ Histoire de MontesquieuChapitre 48 sur 274 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

et moderne^ ne parait pas avoir eu de suite; on sait seulement qu'en 1719, il pria, dans les journaux ', tous les savants « d'adresser des mémoires à Bor- « deaux, à M. de Montesquieu, président au parlement « de Guyenne, qui en payera le port. » Le sujet est digne de Humbold ; le génie lui faisait pressentir les rapports de l'histoire naturelle avec la richesse des nations, les révolutions des empires, les besoins et les jouissances de l'homme en société; mais ses aptitudes, sa vue basse et l'état des connaissances en faisaient une entreprise .vaine.

Tels sont les premiers et nombreux travaux de Montesquieu à l'Académie de Bordeaux. Le style se sert déjà des allusions anciennes pour parler des objets modernes, mais il est trop plein de mythologie, de réflexions recherchées et inconvenantes. Ainsi les deux phrases suivantes sont tirées de ses dissertations scientifiques : « La vérité semble quelquefois courir au-de- « vaut de celui ^ui la cherche ; souvent il n'y a point « d'intervalle entre le désir, l'espoir et la jouissance... « On dirait que la nature a fait comme ces vierges qui « conservent longtemps ce qu'elles ont de plus pré- « cieux et se laissent ravir en un moment ce même a trésor qu'elles ont conservé avec tant de soin et défi fendu avec tant de constance. » Je me figure que le galant auteur de la Pluralité des mondes a dû bien rougir d'un élève aussi grivois.

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