‹ Histoire de MontesquieuChapitre 57 sur 274 · INTERDICTION DES LETTRES PERSANES · texte numérisé non relu

INTERDICTION DES LETTRES PERSANES

extraordinaire, les Letires persanes cessèrent de paraître, et il devait se passer huit années sans qu'on en vit une nouvelle édition, du moins aucun catalogue n'en mentionne de 1722 à 1728 : lacune fort importante pour les bibliothèques et pour les lettrés.

On admettrait que Montesquieu, par déférence pour la magistrature dont il était revêtu, eût renoncé à les réimprimer, quoiqu'il ne les eût pas signées, et que personne ne trouvât alors mauvais que le président Hénault et le conseiller CideviUe fissent des couplets qu'ils chantaient eux-mêmes au dessert. Peut-être littéralement ou moralement regrettait-il de les avoir écrites ; car il disait ' : « A quoi bon faire des livres « pour cette petite terre qui n'est guère qu'un point, » Il ajoutait mème^ : « J'ai la maladie de faire des « livres et d'en être honteux- quand je les ai faits. ;»

Mais le public, qui n'est tenu que par son plaisir, pourquoi aurait-il cessé de demander un ouvrage dont il avait acheté huit éditions en moins d'un an?

Bien plus : les libraires ne s'occupent que de leurs intérêts. Pourquoi sur leurs catalogues' ajoutaient-ils au titre des Letires persanes^ « dans le goût de Y Espion dans les cotirs, » livre d'un pensionnaire de Louis XIV. Comment n'en donnaient-ils plus de réimpression ni de contrefaçon?

Reportons-nous au temps et, s'il le faut, rappelons-

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