MADEMOISELLE DE CLERMONT
Diane, les saisons, Hébé, Bacchus, des faunes et des chasseresses. Dans ces galeries, le duc de Bourbon, moitié dévot et moitié libertin, réunissait une société de femmes, de savants, d'artistes et de courtisans, à laquelle il faisait pratiquer la religion et inventer des tableaux vivants.
L'esprit, la physique, la théologie, la volupté, les lettres et les arts y étaient célébrés alternativement, quoiqu'il y eût plus de fêtes que de gaieté.
La marquise de Prie régnait dans les affaires, mais la surintendante des plaisirs était une de ses sœurs, mademoiselle de Clermont. Madame de Genlis en a fait, après coup, Théroîne d'un roman pudique et sentimental S tandis que Voltaire lui a dédié une de ses rares pièces'' où il ait employé des mots malpropres.
Marie-Anne de Bourbon', princesse du sang, née en 1697, descendait, au deuxième degré, du grand Condé et d'une fille légitime de madame de Montespan. Comme sa mère Louise-Françoise de Bourbon, dite madame de Nantes, elle mangeait beaucoup, buvait trop, et tournait volontiers des couplets tels, que Louis XIV l'avait appelée « la muse merdeuse du temps*. » Aux talents qu'elle avait hérités de sa mère, s'ajouta celui de divertir le roi à souper. Les chan-