SainUSimon, Mémoires
sonniers, pour ses audaces, la nommaient : « Ecoute s'il pleut S » et les courtisans, par déférence, c Son Altesse Sérénissime.
 cette époque, mademoiselle de Clermont était dans Téclat de ses vingt-sept ans, en pleine possession de sa beauté, de son esprit et de son expérience. C'est alors que Natier^ l'a peinte sous un ciel chaud, dans un paysage frais et couronné de bois. Elle est vêtue à la grecque avec les traits d'une jolie naïade, assise sur un tertre de roseaux, un bras accoudé contre une urne penchante, et la main ouverte conmie pour inviter à venir près d'elle; deux attributs l'accompagnent, la jeunesse, qui lui verse le nectar, et l'amour, qui gouverne le cours de ses eaux : c'est l'allégorie de la volupté provocante.
Montesquieu fréquentait Chantilly. La politesse l'obligeait, paratt-iP, à dire au duc qu'il, faisait maigre, et à composer des madrigaux* en vers pour madame de Prie. Cependant il préférait la conversation de mademoiselle de Clermont. Celle-ci ^ vivait alors en intrigue réglée avec le comte de Melun qui, selon l'expression de Voltaire^, « avait peu d'agrément, mais beaucoup
1. Recueil Maurepas, Bibliothèque Nationale. Cabinet des titres.
2. Galeries du duc d^Aumale et galeries de Versailles. — Vatout» Notice des tableaux de la fjalerie du duc d'Orléans, 3 vol. in-8, 18*26.
3. « Je disais à Chantilly que je faisais maigre, par politesse : M. le duc était dévot, o Montesquieu, Pensées,