MADAME DU DEPFAND ET LE TEMPLE DE GNIDE
« les femmes disent qu'elles veulent apprendre le « grec, puisqu'on y trouve de si jolies cures :... Les « allusions y couvrent des obscénités à demi nues. »
En voyant des pensées au lieu de sentiments et plus d'observation que d'imagination, le tout présenté dans un style* précieux et d'une grande naïveté, le public,, par la voix de madame du Deifand, * qui avait plusieurs raisons de ne pas goûter un tel ouvrage, si peu en rapport avec son art d'aimer et son art d'écrire l'appela de suite : « l'Apocalypse de la galanterie. »
On en fit une parodie intitulée : Le temple de Gnide, te muet babillard et la sympathie forcée^.
Du reste, l'opinion hésitait à le donner à Fontenelle, à Hénault ou à son véritable auteur. Montesquieu a désavoué le livre pendant fort longtemps, et, bien que contraint par l'évidence, en faisait encore un secret en \ 742 *. Le mot le plus compromettant qu'il ait dit à ce sujet est dans une de ses lettres datée de 1738, à Moncrif : « Je suis, à l'égard des ouvrages qu'on m'attribue, <r comme la Fontaine-Martel, pour les ridicules; on « me les donne, mais je ne les prends pas. » Cependant des indiscrets révélèrent son nom et comparèrent son livre avec Télémaque, auquel il ressemble
1. L9 baroa de UtLresGOiyTempie deGniâe. Paris^ Joaausl, 1875, p. 12, dit : « 11 y a certaines phrases qui feraient croire queTouvrage si d'abord été écrit en vers. »