Acles de TAcadémie de Bordeaux, vol. de l
toute l'histoire de Rome depuis son origine jusqu'à sa fin, c'est-à-dire sous la royauté, la république et l'empire, le partage de cet Etat en deux parties et son effondrement.
L'espace est immense. Montesquieu, comme les dieux d'Homère qui parcouraient le monde en trois pas, embrassa ces vingt-deux siècles en quelques coups d'œil, avec une étude exacte et profonde des événements, une connaissance singulière des hommes, une merveilleuse sagacité des choses et une clairvoyance cap&ble de suppléer aux lacunes : on dirait qu'il a retrouvé le registre où le Sénat consignait ses déclarations secrètes.
Les faits et les personnages ne sont qu'esquissés à grands traits, fiers et vifs, mais les effets et les mobiles sont peints avec détail, de la façon la plus lumineuse et la plus opportune, comme un exemple suit une proposition. Voici de ce livre une analyse trèsbien faite par d'Alembert ' :
Montesquieu trouve les causes de la graudeur des Romains dans l'amour de la liberté, du travail et de la patrie, qu'on leur inspirait dès l'enfance; dans la sévérité de la discipline militaire ; dans ces dissensions intestines qui donnaient du ressort aux esprits, et qui cessaient tout à coup à la vue de l'ennemi ; dans cette constance après le malheur, qui ne désespérait jamais du salut de la république ; dans le principe où ils furent toujours de ne faire jamais la paix qu'après des victoires; dans l'honneur du triomphe, sujet
\ . Éloge de Montesquieu.