GOUT DE MONTESQUIEU POUR ROME
des Romains est née de la préface de Tite-Live. J'hésite à le croire ; à mon avis, la préférence de Montesquieu se porta sur Rome, parce que ses annales sont un résumé de celles de l'univers*. Il me semble en faire l'aveu quand il dit : « Je me trouve fort dans mes maximes, lorsque j'ai pour moi les Romains^ ». D'ailleurs, considérant que l'histoire n'était qu'un recueil défaits épars réunis par des lettrés, tandis qu'elle devait être un abrégé méthodique emprunté à des écrivains qui y avaient joué un rôle, il se proposa, d'après l'expérience et l'observation, d'assigner a chaque fait sa place, à chaque homme son importance et de donner les lois politiques des événements. C'était créer la philosophie de l'histoire^ : étude pleine de conjectures, mais déjà féconde en vérités utiles.
Le sujet et le but arrêtés, ses premières tentatives furent deux mémoires ^ l'un sur les intempéries de la campagne de Rome, et l'autre sur la sobriété des habitants de Rome comparée à l'intempérance des anciens Romains, qu'il lut à l'Académie de Bordeaux en 1731 et en 1732, sans qu'on en retrouve de traces.
Enfin, après avoir dessiné son plan, il se mit à l'exécuter.
Le livre, divisé en vingt-trois chapitres, comprend
1. Qui res ejus legunt, non unius populi sed generis humani Tata discunt [Florus, in prœmio).