‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 119 sur 269 · Lettres persanes · texte numérisé non relu

Lettres persanes

i68 CHAPITRE XIII.

« acquérir des capitaux. Tant de richesses tombent « pour ainsi dire en paralysie ; plus de circulation, « plus de commerce, plus d'arts, plus de manufac- « ture. » Il faut quelquefois permettre aux hommes d'être inconséquents pour qu'ils puissent devenir raisonnables.

J'ai observé que presque tous les procès de Montesquieu avaient abouti à des transactions. N'avait-il donc pas plus de confiance dans la justice civile qu'il n'en avait, à ce qu'on prétend, dans la justice criminelle, puisqu'on lui attribue ce mot : « Si quelqu'un « m'accusait d'avoir volé les tours de Notre-Dame de « Paris, je conmiencerais par me sauver. »

Le dernier moyen employé par lui pour augmenter sa fortune fut l'écomie. Il conservait les biens qui lui venaient de son père, de son oncle et de sa femme autour de La Brède, de Montesquieu et de Clairac. Il plaçait son argent chez le banquier qui donnait les plus petits intérêts, mais qui était le plus sur, et vivait de régime. « Ses habits étaient fort négligés, « dit un contemporain * , et les étoffes en étaient des « plus simples. » — « Il avait, rapporte un autre ^, « deux assez mauvais chevaux de carrosse, et il ne « mangeait jamais chez lui : ce qui a fait juger qu'il était un peu avare. »

Il devait l'être, car il était très-frugal. Un de ses

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