De Luynes, Mémoires, t. XIV
FARCIMONIB DE MONTBSQ.UIEU. 160
amis* raconte : « Je me rendis chez M. de Montes- « quieu, rue Saint-Dominique, avec Dassier. Nous le « trouvâmes occupé à déjeuner avec une croûte de « pain et de Teau et du vin. »
Une seconde raison tend à faire croire à sa parcimonie, son mépris pour les dissipateurs. Il était surtout révolté de la prodigalité de la plupart des colons américains qu'il voyait à Bordeaux dissiper en peu de mois des richesses considérables, et qui retournaient chez eux laissant peu de regrets, mais beaucoup de dettes. On connaît son mot à cet égard : « Ces gens-là « viennent en France pour faire étalage de leurs « trésors, ils n'étaient que leur sottise^. »
Pour l'excuser de ces habitudes d'ordre, je rappellerai sa conduite avec Sully. En outre, on sait qu'il doimait ses terres sous des redevances modérées, moins pour augmenter la population et la culture par intérêt bien entendu, que par générosité. Mais je veux rapporter un fait plus décisif et moins connu ^.
L'histoire nous apprend que, dans l'hiver de.l747 à 1748,1a Guyenne, qui avait manqué de grains cette année-là, ne pouvait s'approvisionner par mer à cause de la guerre. Le 7 décembre, Montesquieu était à La Brède. On le prévient que ses vassaux sont menacés de la famine, dans sa terre près d'Aiguillon, à cinquante lieues de chez lui. Aussitôt de monter en chaise