‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 133 sur 269 · La Poujade. Bernadau, mss · texte numérisé non relu

La Poujade. Bernadau, mss

i90 » CHAPITRE XV.

buer à l'influence de cette femme les idées protestantes qui sont répandues dans tous les livres de son mari.

Après avoir parlé des membres de sa famille qui l'entouraient pendant la composition de VEsprit des Lois, je passe à ses amis et à son rival, qui me semblent . avoir exercé, quelque influence sur son ouvrage.

Pendant longtemps les hommes avaient eu, çà et là, entre eux des disputes ou des discussions philosophiques, religieuses, politiques et littéraires. Il devait arriver un jour qu'une m^,îtresse de maison leur offrirait l'hospitalité. Dès lors il leur fallut, pour lui plaire, mettre à sa portée les sujets les plus graves, traiter clairement les questions de finance, de morale et de législation, badiner sur les problèmes de la destinée humaine, fronder les supérieurs, plaisanter les égaux, et parler de tout à propos de rien, d'une manière facile, brillante,- ailée conune une guêpe. La conversation moderne naquit, et après elle, le livre sérieux écrit légèrement, la brochure passionnée , le journal amusant et l'opinion publique.

C'est au dix-huitième siècle que reviennent véritablement ridée et la pratique d'une telle institution. Les coryphées' qui y ont le plus contribué sont mesdames de Tencin, Geoffrin, de Rochefort, du Deffand, et d'Aiguillon, que Montesquieu fréquentait assidûment.

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