ANALYSE DU LIVRE XXV
se dégager de toutes les préoccupations du jour, et se défendre même des plus communes passions de son siècle. C'est dans le livre XXIV, que, développant les avantages de la religion chrétienne pour fonder et soutenir un gouvernement modéré, il s'écrie : « Nous a devons au christianisme et dans le gouvernement a un certain droit politique, et dans la guerre un cera tain droit des gens que la nature humaine ne saurait a assez reconnaître... Chose admirable! la religion « chrétienne, qui ne semble avoir d'autre objet que la a félicité de l'autre vie, fait encore notre bonheur dans « celle-ci. »
« Le livre XXV intitulé : des lois dans le rapport qu'elles ont avec rétablissement de la religion de chaque pays et sa police extérieure^ est comme le complément et l'application des idées contenues dans le livre précédent ; il est question des temples, des ministres de la religion, des monastères, de l'inquisition ; et sur diacun de ses points, Montesquieu énonce sa pensée avec une franchise entière, mais comme un homme d'État.
« Après avoir ainsi parcouru la série de problèmes qui touchent à l'établissement des sociétés et au maintien des gouvernements, Montesquieu aborde quelques questions d'un caractère général encore, mais moins universel que les précédents. Dans le livre XXVl, il s'occupe des lois dans le rapport qu'elles doivent avoir avec l'ordre des choses sur lesquelles elles statuent. Il s'applique à bien distinguer les lois divines
des lois humaines, et de marquer sur plusieurs points la limite morale qui est imposée au pouvoir du législateur. On retrouve, en parcourant ce livre, l'application constante de l'un des premiers principes proclamés par Montesquieu au début de Y Esprit des Lois, à savoir, que rien n'est arbitraire dans la société, et partant que les lois, loin d'aller contre les rapports naturels des choses., doivent, au contraire, les reproduire le plus complètement possible.
c Après avoir ainsi fait la théorie à peu près complète des principes qui doivent présider à la législation politique et civile de tous les gouvernements, quelle que soit d'ailleurs leur forme extérieure, Montesquieu en appelle à l'histoire des diverses législations du moyen âge, pour expliquer certaines particularités des législations modernes. Dans le livre XXVII, il parle de Vorigine et des révolutions des lois des Romains sur les successions j et dans le livre XXVIII, de F origine et des révolutions des lois civiles chez les Français. Enfin, dans le Uvre XXIX, il traite ck la manière de composer les lois, donnant ainsi, comme épilogue, en quelque sorte, la théorie même de la théorie : < Je le dis, et il « me semble que je n'ai fait cet ouvrage que pour le « prouver : l'esprit de modération doit être celui du « législateur ; le bien politique conmie le bien moral se « trouve toujours entre deux limites. » Ce livre aboutit à un très-court chapitre intitulé des idées d uniformité , qui a été très-peu remarqué et qui sert, autant que les autres chapitres plus considérables, à caractériser