G. Brunet, Bulletin dtVAUiauce des Arts ^ t. Il, p
Un savant père de TOratoire croit que ces lettres s^a^pliquent non à Montesquieu, mais à son frère cadet, « En décembre 1710, de La Brède aîné, dit-il, était sur le point d'entrer dans sa vingt-deuxième année ; ce serait lui faire injure que de supposer qn^à cette époque il n'était pas capable de suivre la classe de philosophie. »
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En 1723, « il sentait, raconte le P. Caste!*, qu'on « ne lui avait pas assez fait connaître le vrai précis « de la religion purement catholique dans sa première éducation. » Mais ses études littéraires avaient été très-solides^; ce qui lui donna d'être le plus instruit des écrivains de son temps, malgré les erreurs qu'ont . pu relever dans ses ouvrages Crevier, Heyne et Ernesti.
D'ailleurs les grands génies d'Athènes et de Rome apprennent en général aux élèves passionnés l'admiration des républiques ou la haine des monarchies, et le mépris de l'humanité par l'orgueil de soi. Dans son commerce assidu avec eux, l'esprit de La Brède s'imprégna de théories démocratiques et de philosophie stoïcienne : double trace visible dans tous ses livres et dans toute sa vie.
Son amour pour les auteurs s'était offensé surtout d'entendre les oratoriens lui dfre que l'idolâtrie de la plupart des païens méritait la damnation éternelle. Aussi composa-t-il, à vingt-deux ans, sous forme épistolaire, un petit écrit où il entreprenait de réfuter cette opinion, en appelant à son aide non-seulement quelques Pères de l'Eglise, comme saint Justin, mais encore Casaubon, Lamothe le Vayer et d'autres pyrrhoniens. Il paraît depuis l'avoir résumé dans la XXX V^ Lettre persane, qui proclame la tolérance religieuse et pré-
1. L'homme moral opposé ù V homme physique, in-12. S. E. Toulouse, 17 5G. Lellre XVl ; — Trublet, Mémoires sur Fouienelle,