PROJET DE CENSURE
de concile permanent : « Je n'ai fait aucune difficulté de lui donner toutes les satisfactions qu'elle a pu désirer... Ceux qui en agissent autrement sont des fous. »
Montesquieu se montra d'abord moins accomodant; il écrivait dans un passage inédit d'une lettre * publiée : « Cette Sorbonne est la mouche du coche ; elle croit qu'elle remue tout. » En réalité elle avait, sur son livre, dressé un projet de censure, dont voici le texte ^ :
Propositiones extractœ ex libro cui titulus, de I'Esprit des Lois, etc, A Genève, chez Barillot âls, i750, édit, m-i2.
I (l.TI, p. 87). —La répudialioQ pour raison de la stérilité de la femme ne saurait avoir lieu que dans le cas d'une femme unique.
n {ibid.). — La loi des Maldives permet de reprendre une femme qu'on a répudiée. La loi du Mexique défendait de se réunir sous peine de la vie. La loi du Mexique était plus sensée que celle des Maldives.
ni (p. 290). — Les scolastiques s'en infatuèrent(dela philosophie d'Aristote) et prirent de ce philosophe leur doctrine sur le prêt à intérêt ; ils le confondirent avec l'usure et le condamnèrent.
IV (p. 360). — L'argent est le signe des valeurs; celui qui a besoin de ce signe doit le louer... C'est bien une action très-bonne de prêter à un autre son argent sans intérêt ; mais on sent que ce ne peut être qu'un conseil de religion, et non une loi civile.
V (t. m, p. 13). — Quand la religion donne des règles, non pour le bien, mais pour le meilleur; non pas pour ce