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d'une VÉRITABL
E DE MONTESgOIBU
Il est une nation favorisée entre toutes, aussi habile à manier les armes que la plume et la parole, excellant dans les Arts, les Lettres et les Sciences, pleine de bravoure, de gaieté et de gloire, douée d'un bon sens presque égal à son esprit, jetant ses idées aux quatre coins du ciel et les reprenant lorqu'elles ont réussi chez les autres, prête comme un enfant gâté à se révolter ou à se laisser conduire, divisée pendant la paix et unie pendant la guerre. Mais ses qualités sont compromises par un défaut , l'ignorance politique.
Durant les quatorze siècles qu'a duré son ancienne monarchie, le Irait fut peu sensible, parce que la
Il INTRODUCTION.
royauté assumait la responsabilité du gouvernement et
que rÉtat c'était elle. j
Peu à peu quelques familles nobles, instruites par l'exemple et désirant occuper leurs loisirs d'une façon élevée, prirent part au maniement des affaires; le mal ne parut pas trop encore.
Dans la troisième période, le pouvoir tomba entre les mains des classes riches qui, faute de traditions, eurent pour se guider l'étude de l'histoire, Texpérîence des choses, des hommes et de l'argent.
Aujourd'hui,, grâce à la suppression du cens, chacun est électeur et veut être député, sénateur, ministre, voire président de la République. Jamais la nécessité de connaître les questions sociales n'a été plus urgente; car le suffrage universel, sous peine d'être une force numérique, a pour condition préalable l'instruction primaire.
Cette étude nous permet d'avoir un jugement sur les institutions nationales, nous apprend l'importance de nos devoirs et de nos droits, nous empêche d'être le jouet des tyrans qui sont des sophistes et des sophistes qui seraient des tyrans, nous commande le dévouement à la patrie et nous enseigne l'amour intelligent de l'humanité.
Allons donc à cette école, et appliquons-nous à qui saura le plus vite le nouveau métier, le métier de citoyen.
INTRODOCTIOX.
Le maître existe depuis cent vlngt-ciuq ans.
Ses
livres ont déjà Formé quelques élèves ; ils peuvent en instruire davantage. La science gouvernementale, avec ses principes et ses faits, se trouve sans parti pris chez lui ; et nul n'est plus capable, en deliors de tout régime, de faire connaître ce qui est vrai et ce qui est possible en politique.
C'est la France qui possède ce grand professeur de droit constitutionnel, et son nom est Montesquieu.
Malheureusement , comme il l'avait prévu lui .même', il est dans une position à part : on l'approuve ou on le critique beaucoup, on le cile davantage, mais on le Ht peu, et on l'étudié encore moins, sauf à se vanter de le connaître, car sa connaissance bonore.
Le mot de cette énigme m'a longtemps préoccupé. Certes Montesquieu n'a aucune des qualités qui mettent toujours à la mode cbez nous, ni la raillerie des choses saintes, ni la passion do l'égalité ; pourtant ses œuvres sont incontestablement immortelles. J'attribuai la manière dont il est traité; d'abord à la légèreté prétentieuse du public énervé par la bourse, le théâtre et le journal. Ensuite les gens sérieux ne sont-ils pas fatigués de lui comme les paysans grecs l'étaient
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l'plus ap|>rouïù que lu. i