Ibid., livre VI, ch. xvii
DNITE DE LEGISLATION. 31
« rait convenir dans ies gouvernements despotiques, a où tout ce qui inspire la crainte entre plus dans les « ressorts du gouvernement; j'allais dire que les es- « claves chez les Grecs et chez les Romains... mais * j'entends la voix de la nature qui crie contre moi. »
Sa nomination comme président à mortier est du 29 juin 1716, et son installation du 23 juillet suivant. Mais il était entré dans la magistrature le 24 février 1714 et il y resta jusqu'en 1728. Ce sont donc quatorze ans de fonctions judiciaires.
Montesquieu se mit au courant de ses devoirs, qui exigeaient des études sérieuses ; car si le parlement de Bordeaux suivait le droit romain et les lois françaises dans l'usage ordinaire, il avait à appliquer dix coutumes particuUères qui formaient autant de jurisprudences spéciales.
Cette multiphcité de textes ne déplaisait pas à notre pubhciste; au contraire '. Il y était favorable, un peu sans doute parce qu'il était seigneur d'un fief ayant sa coutume ^, mais surtout parce qu'il était partisan de la méthode historique. Savigny et M. Laboulaye, ses meilleurs disciples, en ont donné une excellente explication' que j'abrège à regret. Certainement en théorie, rien n'est plus beau et plus utile que l'unité de législation. Cependant, à toutes lesépoques, le droit se maintient dans un rapport essentiel avec la nature