Pensées
ï,Ubfli,£et7,niertn lie ta Brrid-, recueil de l'Académie (l'Aeen,lB3*.
diciaires, « qui, selon lui, ruinent les plaideurs et em- « barrassent les juges. » La transition était facile de la justice à ses collaborateurs. D loua le talent et le désintéressement des avocats, tout en blâmant la vivacité dont ils usaient entre eux, et engagea les procureurs à moins employer < les artifices et les pièges de « la chicane. » Le point principal fut le portrait suivant, qui montre quelle haute idée il se faisait de sa' profession. « Pour lors, il n'a plus sufB que le magis- « trat examinât la pureté de ses intentions, ce n'a plus « été assez qu'il put dire à Dieu : proba me, Deus, et « scito cor meum ; il a fallu qu'il examinât son esprit, <K ses connaissances et ses talents. Il a fallu qu'il se « rendit compte de ses études, qu'il portât toute sa vie « le poids d'une application sans relâche, et qu'il vit si « cette application pouvait donner à son esprit la me- € sure des connaissances et le degré de lumière que « son état exigeait. »
Ce discours eut un tel succès que, jusqu'à la Révolution, on le réimprima tous les ans à la rentrée du Parlement de Bordeaux; et on le vendait ce jour-là à la porte du palais de Justice ' .
Je veux parler d'un fait plus important. En 1722 ^, le gouvernement avait imposé de quarante sols chaque tonneau de vin sortant de la Guyenne. Tous les négociants s'émurent de voir surtaxer la richesse princi-