MÉMOIRES D*HI8T01RB NATURELLE
discuter très-pertinemment les différentes hypothèses qui s'étaient produites sur l'usage des glandes rénales: problème non résolu, même aujourd'hui qu'on a des données plus exactes sur ce point de physiologie. La statistique des maladies de l'année à Bordeaux ne lui donna l'occasion que de faire des réponses aimables et ingénieuses.
Avec la médecine, il s'occupait aussi de physique. Son discours de 1718, sur lacamede féchoy peut être considéré conune un exposé sommaire et sans doute incomplet des idées de son temps sur ce sujet ; il est plus littéraire que scientifique.
Le mémoii*e sur la transparence des corps (!•' mai 1720) admet que les corps sont d'autant plus transpa* rents qu'ils opposent le moins de petites surfaces solides aux rayons de la lumière traversée par eux , et suppose qu'il existe apparemment des animaux pour lesquels les murailles les plus épaisses sont transparentes.
Le rapport sur la pesanteur des corps garde l'empreinte plus ou moins défigurée de la philosophie cartésienne avec ses tourbOlons et sa matière subtile. IVewton était depuis longtemps membre associé de l'Académie des sciences de Paris ; ses travaux sur l'at^ traction devaient donc être connus en France. On se demaQde si Montesquieu les a ignorés ou s'il ne les admettait pas.
En 1720, îl résume un mémoire sur le flux èi lé re* flux de la mer et semble approuver- une hypothèse
fondée sur un système dès pressions qui est parfaitement inconnu aujourd'hui. Au resté, cette questionne lui a jamais porté bonheur'. On se rappelle surtout qu'il a dit, dans Y Esprit des lois^ : « La mer, qui « semble vouloir couvrir toute la terre, est arrêtée par c les herbes et les moindres graviers qui se trouvent « sur le rivage, v Comme si la théorie de la gravitation n'était pas découverte depuis plus d'un quart de siècle !
En 1723, Montesquieu, dans une dissertation sur le mouvement relatifs réfuta le mouvement absolu : chimère si appréciée alors.
Les observations sur ^histoire naturelle nous font assister au travail d'un esprit qui cherche à se rendre compte des phénomènes.
Il s'abstint de porter un jugement prématuré sur les huîtres fossiles,
La fleur de la Vigne était un sujet inconnu pour lui; la manière dont il s'en tira était fort spirituelle.
Tantôt un correspondant obtint de lui des encouragements pour avoir observé un insecte qui avait vécu plusieurs jours sans nourriture. Tantôt un médecin du crû mérita de sa part de gaies féUcitations pour avoir trouvé le fretillakia aquh ama.
Son projet d histoire physique de la terre ancienne
t. Grandeur de$ Romains^ ch. xv, inftne : « Il est admirable qu'après tant de guerres, les Romains n'eussent perdu que ofi qu'ils avaient voulu quitter, comme la mer qui n*est moins étendue que lorsqu'elle se retire d'elle-même*