‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 50 sur 269 · INTERDICTION DES LETTRES PERSANES · texte numérisé non relu

INTERDICTION DES LETTRES PERSANES

extraordinaire, les Uttres persanes cessèrent de pa^ raître, et il devait se passer huit années sans qu'on en vit une nouvelle édition, du moins aucun catalogue n'en mentionne de 1722 à 1728 : lacune fort importante pour les bibliothèques et pour les lettrés.

On admettrait que Montesquieu, par déférence pour la magistrature dont il était revêtu, eût renoncé à les réimprimer, quoiqu'il ne les eût pas, signées, et que personne ne trouvât alors mauvais que le président Hénault et le conseiller Cideville fissent des couplets qu'ils chantaient eux-mêmes au dessert. Peut-être Ht^ téralement ou moralement regrettait-il de les avoir écrites ; car il disait * : « A quoi bon faire des livres « pour cette petite terre qui n'est guère qu'un point. » Il ajoutait même'^ : « J'ai la maladie de faire des « livres et d'en être honteux quand je les ai faits. »

Mais le public, qui n'est tenu que par son plaisir, pourquoi aurait-il cessé de demander un ouvrage dont il avait acheté huit éditions en moins d'un an?

Bien plus : les libraires ne s'occupent que de leurs intérêts. Pourquoi sur leurs catalogues* ajoutaient-ils au titre des Lettres persanes^ a dans le goût de Y Espion dans les coxirs^ » livre d'un pensionnaire de Louis XIV. Comment n'en donnaient-ils plus de réimpression ni de contrefaçon?

Reportons-nous au temps et, s'il le faut, rappelons-

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