Uercure'de France de décembre
2. O'gilvy, Nobiliaire de Guienne. Bordeaux, 1858. v« Secondai, p. 13. '
H CHAPITRE Vin.
jalousie qu'on attribue à l'amour... Ainsi l'on croit aimer et l'on n'est que jaloux...
« On aîme aussi quelquefois sans croire aimer...
ii Nous arrivâmes dans un bois de lauriers, où le soleil donne un jour si tendre, qu'on dirait qu'il rcconnatt encore Daphné sous l'écorcc de cet arbre...
u Quand il s'agit de soutenir ses droits, la plus forte amitié n'est pas exempte de froideur.
Ce Voyage à Paphos célèbre le cynisme de Famour elduvin, et raille Thypocrisie du plaisir, représentée par Diane courant après Endymion dans les bois. La principale scène montre Vénus avec Adonis, etBacchus avec Ariane à table, unissant la volupté à Fivresse. Montesquieu paraît s'appliquer surtout à faire voir que les dieux viennent quelquefois sur la terre goûter les plaisirs des mortels et qu'Adonis, tué à la chasse par une bête fauve, comme M. de Melun, a été changé à la demande de sa maltresse, en une fleur qui reprend sa première forme à Paphos : telle l'image d'une personne se ravive quand on y pense de tout cœur.
Ce poëme, d'une exécution supérieure au Temple de Gîiide, parut dans le Mercure de France de décembre 1727, et dut concilier à l'auteur les amis puissants dont disposait mademoiselle de Clermont.
Le club de Y Entre-sol durait encore en 1728, mais il commençait à s'occuper de politique active. U n'en était encore qu'aux allusions, et le cardinal de Fleury le surveillait avant de l'interdire en 1730. Je suppose que Montesquieu écrivit pour cette société un mémoire d'une quarantaine de pages « sur les finances
MÉMOIRE SUR.LES FINANCES DE L'ESPAGNE. Uo
de l'Espagne,"» qu'il a fondu dans V Esprit des Lois^ comme il le dit lui-même dans une édition de 1749 ^. Le manuscrit est entre les mains d'un amateur inconnu. En voici le commencement et la fin' :
« Il existe deux espèces derichesses^ la richesse réelle et la richesse de fiction. La première tieniàla terre, à Findustrie, à la production; elle se détruit et se renouvelle sans cesse; la seconde, celle de l'argent, ne se détruit pas ; et comme chaque jour elle augmente dans sa représentation, elle va sans cesse en se détériorant dans sa valeur réelle. Lors de la découverte des Indes occidentales, l'Espagne... se trouvant tout à coup en possession d'une plus grande quantité d'or et d'argent, a été un moment riche ^ mais la multiplication du numéraire a fait hausser le prix des objets d'échange, et la production d'argent a suivi à peine ce renchérissement. Mais la main d'œuvre a augmenté dans la même proportion; le prix des métaux précieux a doublé, triplé, quadruplé, et pareille quantité d'or et d'argent a bientôt coûté, pour l'extraction et le transport, deux, trois, quatre fois plus qu'au début de la possession, et a représenté dans les échanges une valeur graduellement décroissante, à mesure que le numéraire métallique se multipliait...
(( Il n'est pas bon que la richesse d'un prince lui vienne immédiatement et par voie accidentelle; elle doit lui arriver par la voie des impôts qui doivent toujours être l'expression de l'aisance des sujets...
« Jouissons donc de notre terre et de notre soleil, nos richesses en seront plus solides, parce qu'une abondance toujours nouvelle viendra satisfaire des besoins toujours nouveaux.