‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 72 sur 269 · D'Argcnson, Mémoire*^ édit. Janet, t. I, p · texte numérisé non relu

D'Argcnson, Mémoire*^ édit. Janet, t. I, p

2. Labal, Je Château de la Brêde^ Recueil des travaux de la société d'Agen, 1834, t. UT, p, 185.

98 CHAPITRE YIII.

priéUîre de cette àme esi toujoars dans la langueur, la lie lai est à charge, tous ses moments lui pèsent; il n*ainie pas la vie, mais il craint la mort

« L'antre espèce de gens malhenreox opposés à ceux-ci est de ceox qui désirent impatiemment lont ce qu'ils ne penvent pas aToir, et qui sèchent sur Tespéranee d'un bien qui racole toujours... Je ne parie ici que d'une frénésie de rime et non pas d*nn simple mouTement. Ainsi un homme n'est pas malhenrenx parce qn*il a de l'ambitiou, mais parce qu'il en est

« n y a anssi deux sortes de gens henrenx : les ans sont viTement excités par les objets accessibles à knr àme et qu'ils peoTent facilement acquérir. Ils désirent ▼ivenent, ils e^èrant, ils jouissent et bientôt Os recommeneent à désirer. Les autres ont leur machine tellement construite qu'elle est doucement et continuellement ébranlée. EUe est entretenue et non pas agitée : une lecture, une conversation leur suffit.

« n me semble que la nature a traraillé pour des ingrats. Nous sommes heureux...

« Quand nous parions du bonheur ou du malheur, nous nous trompons toujours, parce que nous jugeons des eonditiens et non pas des personnes.

« Qui sont les gens heureux? Les dieux le savent, car ils voient le cœur des philosophes, celai des rois et celai des

Ces mesures ainsi prises, Montesquieu attendit impatiemment roccasioD.

1. Ces éeaoL deraîen pangnphei ne «oal eocMneaîqaèt pir l« docteur de SùBt-CefBUùo.

Réception de lionteeqnieu à rAoadémie fnmçaiaa ^ — l.'£«prii dêt Un».

— Départ pour ses voyages.

L'Académie française se composait alors de trois cardinaux, six évèques, neuf abbés, deux maréchaux, six ducs et pairs, cinq fonctionnaires, trois magistrats et quelques gens de lettres. L'un de ces derniers, hôte de prédilection de la marquise de Lambert, avocat distingué au parlement de Paris, élégant traducteur de Pline, Louis de Sacy, mourut le 26 octobre 1727.

L'abbé Dubos, secrétaire perpétuel de l'Académie, en prévint immédiatement le premier ministre de Louis XV. C'était alors le cardinal de Fleury, homme facile à séduire comme parvenu, économe comme successeur de Law, et comme prêtre, doux*, modéré.

1. Voir dans la Critique française^ 1862, des articles intitulés : Montesquieu à V Académie^ par le regretté rédacteur de la Gazette des Tribunaux, M. Gallien. Ils m*onl fourni de précieux renseignements*

2é « Discret^ doux, liant. » Mémoires de Saint-Simon é

prudent mèmey « d'humeur si pacifique, qu'il aimait € mieux feindre d'ignorer les torts que d'en pourc suivre la réparation ^ » Il répondit :

Fontainebleau, le 27 octobre 1727.

« Je n'ai, Monsieur, aucune vue particulière pour remplir la place de M. de Sacy, dont vous m'apprenez la mort; je me rangerai au plus grand nombre de voix de l'Académie, el tout ce que j'ai à désirer est que la compagnie s'arrête à faire le meilleur choix.

« Je crois que M. le président de Montesquieu s'est déjà présenté, mais je n'ai pris aucun engagement avec lui, et n'en prendrai pour personne en cette occasion...

Cardinal D£ Fleury.* »

En effet, comme nous l'avons vu, Montesquieu avait déjà posé sa candidature en 1725, et se mettait encore sur les rangs. On sait que ses titres étaient ses dissertations à l'Académie de Bordeaux, le Temple de Gnide^ l'ébauche du Traité des devoirs, le Discours sur. la Considération y le Voyage à Paphos, le Mémoire sur les richesses de F Espagne et le Dialogue de Sylla et dEucrate^ sans compter les Lettres persanes: le tout, il est vrai, sous l'anonyme, mais c'était l'usage.

La candidature de Montesquieu était patronée au

!• Mémoires secreU peur servir à f Histoire de Perse, BcrliD, 17 59, in-12.

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