PENSÉES SUR LE BONHEUR
enfin ouvert à quelques lettrés de marque, tels que Fontenelle, Mairan, les abbés de Mongault, de Choisy et de Bragelonne, le père Buffier, le président Hénaut, Tavocat Sacy, le marquis de Saint-Aulaire et la duchesse du Maine. Peu à peu on ne fut guère reçu à l'Académie que l'on ait été présenté chez elle, et par elle. « Il est certain, dit d'Argenson*, c qu'elle a bien fait la moitié des académiciens actuels. » Aussi était-il très-honorable, très-recherché , très-difBcile et très-précieux d'être admis dans cette maison^
Montesquieu y parvint sans doute sur la présentalion de Fontenelle, et y conquit tous les suffrages, surtout celui de la marquise de Lambert elle-même ; car cette aimable douairière avait fait de sa propre main un extrait du discours de son hôte sur la Hifférence de la considération et la réputation; à preuve que ses éditeurs l'ont inséré dans ses œuvres, où il est resté.
Je soupçonne que le Gascon, après avoir pris l'air de celte société, y lut un morceau sur le bonheur^ dont voici quelques passages^ :
« Le bonheur ou le malheur consistent dans une certaine disposition d'organes favorables ou défavorables.
« Les uns ont une certaine défaillance d'âme qui fait que rien ne les remue; elle n'a la force de rien désirer, et tout ce qui la touche n'excite que des sentiments sourds. Le pro-