‹ Histoire de Montesquieu: sa vie et ses œuvresChapitre 87 sur 269 · Éloge historique de M. de Montesquieu, infra · texte numérisé non relu

Éloge historique de M. de Montesquieu, infra

Chesterfield a raconté queletour était de lui, et que Montesquieu n'aurait pas dû anéantir son ouvrage sur une crainte aussi chimérique : « Ce que, dit-il, un Anglais n'aurait pas fait. » Chesterfield s'est vanté d'avoir joué un rôle dont il est innocent : ce qu'un Français n'aurait pas fait non plus. Depuis lors, « on « à assuré qu'on ne voulait que tâter Montesquieu, et a qu'il aurait passé, s'il eût osé attendre l'abordage, « pour lequel il n'y avait point d'ordre*. » 'Notr« homme s'est-il vengé, dans Y Esprit des Lois^, notamment lorsqu'il dit : « Une bouche de pierre s'ouvre a à tout délateur à Venise : vous diriez que c'est celle « de la tyrannie. »

Deux monuments ont survécu à cette aventure.

C'est d'abord une lettre, adressée à lord Waldegrave, et remplie de plaisanteries grivoises qui ne pourraient passer que dans des Œuvres complètes. Cette réflexion n'a pas le même caractère : « J'ai a vu les galères de Venise; je n'y ai pas vu un (t seul homme triste. Cherchez à présent à vous a mettre au cou un morceau de ruban bleu pour « être heureux^. »

De Venise, Montesquieu se rendit à Rome pour passer les quatre derniers mois de l'année, dans un hôtel garni, où il rencontra le pasteur protestant Ja-

1 . Nouveaux mémoires ou Observations sur Vltalie^ ubi supra.

2. L. V, ch. VIII ; liv. VII. chap. m et liv XI, cliap. vi. 3- Pensées dii erses.

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