MONTLUÇON AUX XV^ & XVI^ SIÈCLES
Fondation du couvent des Cordeliers (1445). — Les bouchers de Montluçon. — Extrait d'un ouvrage publié par H. Claudon, Archiviste de l'Allier. — Reconstruction de l'Eglise Notre- Dame (1468). — Le duo Louis II prend part à la Ligne du bien public. — Louis XI assiège Montluçon (1467). — Pavage des rues de la ville. - Installation de l'horloge sur la plus haute tour du ch&teau (1488). — Ecoles de la paroisse Saint- Pierre. — Quelques vieux actes extraits des archives de l'AUier (XV sièole).
Jean l", noua l'avons dit, avait laissé par testament, une cerfaine somme pour la fondation d'un couvent des Cordeliers, & Montluçon.
La somme était insuffisante ; mais^ en 1445, Odin Fabri, chanoine de Saint-Nicolas, fit don à l'Ordre pour s'établir danslaville^d'un terrain situé hors des remparts, sur la partie la plus élevée. L'acte de donation est signé du 15 mai 1445.
Les Cordeliârs, qui venaient alors d'obtenir du pape Eugène IV, sur la demande de Focaudi, gentilhoraroe de la cour de Charles VII, l'autorisation de s'établir h Montluçon, se mirent à l'ceuvre et le 5 mai 1446, les chanoines de Saint-Nicolas, en présence d'un immense concoursd'habitan ta, allèrent bénir la première pierre qui fut posée par Fabri, chanoine de Saint- Nicolas.
A la nouvelle, dit M. Baraillon, qu'un couvent se bAtissait, les cultivateurs accoururent avec leurs chars à bœufs, leurs chevaux et mulets pour aider à cette construction.
Quelques moines du prieuré de Saint-Pierre, tentèrent de s'opposer à l'édification du monument.
Mais les habitants du faubourg des Girauds (presque tous bouchers) vinrent en aide aux religieux de Saint-François et placèrent des sentinelles auprès des nouvelles constructions, qu'on était en train d'édifier.
Ces bons offices firent regarder les bouchers comme des protecteurs du nouveau monastère, qui, grâce à leur aide et protection, put être conduit à bonne fin.
MONTLUÇON AUX XV" ET XVI" SlfecLES "li
Le moDastère fut termioé vers la Un de l'aDaée 14D2, Le clottre, disent les auteurs du temps i était fort plaisant et possédait de beaux et bons jardins >.
Les Cordeliers ne voulurent pas être en reste avec les bouchers, dont l'intervention leur avait été d'un si précieux secours et firent placer, & l'angle de leur couvent, un éousson sur lequel on voyait deux couperets en sautoir et une pierre à aiguiser, seules armes de la corporation.
Lors de la reconstruction des murs d'enceinte, ce blason tut placé à l'un des angles de la muraille méridionale, puis déplacé plus tard.
On le voyait encore, il y a quelques années, rue du Chevau-Fug, dominant une petite porte à plein cintre, h l'extrémité du clos de l'hdpital.
Les iKiuohers de Hontluçon. — La corporation des bouchers était une des plus importantes de la ville. Ses membres avaient défendu la cité contre les invasions anglaises avec beaucoup de vigueur, et une tradition veut même que les bouchers, le couperet & la main, aient rendu inutile un assaut des flls de l'Angleterre.
Une charte du couvent des Cordeliers nous apprend notamment : l" qu'ils marchaient les premiers de tous les corps d'état, dans les processions et cérémonies ; S» qu'ils avaient le droit de danser avec des tambours autour du feu de la Saint-Jean ;3*queleurbanniëreétaitenrichie d'un couperet d'argent béni par le pape.
Quant aux Cordeliers, on les retrouve en 1505, au moment de la réforme de l'ordre de Saint-François, au nombre de 18 religieux, dont quatre prédicateurs. Le monastère de Montluçon fut réuni, à la demande du duc de Bourbon, à la province de Saint- Bonaventure.
D'autre part, dans une notice extraite d'un ouvrage du P. Foderé et publiée en 1901 chez Durond,& Moulins, par H. Claudon, archiviste de l'Allier, on lit :
a Pour le jour d'hui, HonLluçon esl enlre deux beaux couvents de l'ordre de ( Saint- François, qui sont comme lulélairca de la ville : cesluy-ci des bons PP. • Capucins au fauxboui^ d'emhas, et le nostre des Cordellicrs en celui d'cnhaut «...
Et plus loin, parlant du fondateur du monastère de Montiuçon, le P; Foderé ajoute :
• Qu'un religieux, du nom de Jean Focaudi, originaire du Bourbonnais, vint en ( SOQ pals pour visiter l'illustre prince Charles de Bourbon, avec lequel il avoit esté < nourri page, non à intention d'y sesjourner longuement, aîns de s'en retourner.
■ Mais ce généreux prince, tant par l'amitié acquise et nourrie entre eux deux « dés leur bas aage, comme pour les saintes mmurs et belle doctrine do ce bon
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53 Histoire de Montloçon
> père, il le retint auprès da lui pour aen confesseur et prédicateur ordinaire ; aux- ■ quelle! chargea ne véndrable rflligieni n'enal paa senlament ioing de la conacience a et bien spirituel de ce prince, mais aussi il fui curieux du salut et initruotlon de « M* subjela, prenant la peine d'aller pretcher par les villes et bourgades du pals, a et ce avec telle réputation que toutes les villes alloieul i l'envie qui le pourrait
C'est BJDBi que le P. Focaudi fut attiré & Moatlucon en l'an 1444 par Odinus Fabri, chanoiaa de l'église S^iut-Nicolas, à refTeldeftiireentendre soD éloquente parole h nos ancêtres.
Au dire du P. Foderé, le prédicateur
t lut si admirable par sa saincte vie et ses ferventes et fructueuses prédications f que les catholiques habitants parlèrent aussitôt de faire un couvent de cet ordre « (dei Cordêliên) arièra leur ville i quoy le laissa bellement entendre le bon père « Focaudi.
« Il m fut dono plue question que de trouver un lieu propre A butir, dont • apria pltuieurs recherches le sus-nommé chanoine dit aux habitaols qu'il avait « une petite pièce de lerre hors et près la porte de leur vîllc vulgairement nommée k la porte de Marchio, sur le chemin de Hotins.au devant de l'hospital (1) laquelle il I leur offrait en pur don et de bon cœur, s'ils la treuvaienl propre pour y faire le » convent, ce que les habîtans acceptèrent très volontiers...
« Or, si fut-on néanmoins sur le poincl et quasi à la veille de choisir un anlre t lieu pour bastir ce couvent, pour ce que la pièce do terre offert par ledit Odinus a Fabri n'estait pas assez spacieuse pour y faire un couvent, avec les jardins et ofH' f ciaes aéceieairei à dea pauvres religieux mendians >.
Mais le duc Charles de Bourbon leva la difficulté en achetant de ses propres deniers à Nicolas Fabri, cousin du chanoine Odinus, une terra coQtigûeà la première, et, gr&ce & l'autorisation papale en date du 8 octobre 1445, la coDstructioa du couvent put être commencée sans délai.
Laissons d'ailleurs la parole au P. Foderé, qui rapporta que :
■ L4 5 may léi6, l'église collégiale de Saint-Nicolas, ensemble presque toule « la ville, allèrent en procession sur le lieu, chantant le Veui Creator, et. après les « cérémonies nécessaires A la bénédiction de la pierre fondamentale, les susdiU P. « F, Jean Focaudi et Odinus Pabri, chanoine, prindrenl ladite pierre chacun d'un a caste, la posèrent en sa place, mirent deaiui chacun une truellée de mortier, puis « remirent la Ircclle au maistre masson qui poursuivit l'œuvre.
a Le bruit courut aussislost par le païs que l'on édifiai! i Monlluçon un couvent t d'un nouveau ordre religieuK, dont les villageois et palsana, aans y être invitez < que par l'exemple de l'un de l'autre, y aooouraienl de toutes paru, qui avec
(1) Aujourd'hui malien restauré* donnant sur la route de Moulloi et la place de la Liben4, at appartenant i la famille Bonvin.
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