ET LE CHATEAU AU MOYEN-AGE
D'après une litliographie de P. A. Dksrosiërs, Moulins Dessin de E. Sagot
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< Lh Iroisiéme porte s'appelle Berthonys, hors laquelle est le chemin pour aller I en Combrailles.
< La quatrième qui est la plus basse et la plus fréquentée est la porte Saint- I Pierre, entre laquelle est le pont du Cher, qui est fait moitié de bois ; il <^ a un
■ grand et riche iâubourg appelé foubourg Saint-Pierre, auquel les hôtelleries sont « et les cabarets â loger les passants, te dit faubourg étant peuplé de riches « marchands et de quantité de bons artisans.
« Sur le haut de la ville est la grande place du Marché public qui s'y tient tous
< les jours de mercredi et de samedi et qui est décorée de deux belles et grandes u fontaines, de deux prieurés cl d'une église collégiale, savoir du prieuré cou ven tu el « de Notre-Dame de l'ordre de Saint-Benoit, de très bon revenu, mais mal servi cl
< entretenu. II est situé au-dessous du château joignant la placo de la ville du prieuré
■ couvenluel de Saint-Pierre de l'ordre de Saint- Augustin, situé au bas de la ville,
< près la porte Saint-Pierre et en qui sont les cure et paroisse de la ville, et de
• l'église Saint-Nicolas, située sur ladite place du château.
« Au lieu plus haut et éminent de la ville, sur une motte élevée entre le Midi K et l'Orient, est assis le château dudil Montluçon, consistant en un beau corps do <i logis édifié par le duc Louis, sur une grande et longue place, dans lequel sont « plusieurs salles, gardes-robes, cabinets, autres chambres et offices commodes, entre
■ autres le grand pavillon, qui est le logis du prince, sur lequel est la tour de l'hor-
• loge, mais à défaut d'entretien des couvertures, on le laisse tomber en ruines, ce
• qui est très dommage.
« Tout le long du dit château, du c6té d'Orient, il y a une longue galerie haute « coupée en deux, au milieu de laquelle se trouve la chapelle des ducs de Bourbon.
■ qui est assez belle ; tout le reste du logis est en caves, celliers et greniers qui
• servent â serrer les blés et les vins qui proviennent de la recette de la chAtellenie > et à main gauche, â l'entrée du château, se tiennent les plaids de la justice. Tout
• le reste du vieux bâtiment est tombé en ruines.
a En la chàtellenic et justice de Montluçon, outre le siège principal et capital
• qui se tient en ladite ville, il y a six sièges forains où le juge dudil siège capital a a coutume d'aller siéger et tenir les plaids. C'est savoir : YUUbret, Sérii, Doméral, a la Marclie, Argenty et Gouion. II y a aussi sept justices vassales de ladite chfltel- « lenie cl quarante-cinq maisons cl seigneuries vassales n'ayant pas justice.
« La ville cl sas faubourgs contiennent quatre cent vingt-quatre feux, t La châtellenie de Montluçon et même tout ce qui est autour de la ville, tant « delà que deçà du Cher, est située en pays de vignobles, contenant tant en longueur
• qu'en largeur environ da deux à trois lieues, ou se recueille ordinairement quan' t tilc incneilleuse de 1res bons vins desquels se fournissent tous les ans partie des 1 habitants du Limousin, de la Marche et de Combrailles ; et outre les vignes, il y a a quantité de terre â seigle, orge et avoine et quelques-unes â froment, ainsi que
■ de grandes prairies, de nombreux pâturages et quantité de bois taillis.
« En la ville soni les foires qui s'ensuivent toutes les années : « Le lundi d'avant la Puriticalion, yolre-Dame, au mou de février ; le lundi u d'avant Pâques fleuries ; le lundi d'avant la Pentccétc ; le le* mai ; le lendemain
• de la fèlu de Sainl-Pardoux et le jour précédeul la fêle de Saint-Thomas, apûlre
■ avant Noél. Chacune desdiles foires ne dure qu'un jour ; mais il s'y fait un mer-
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PÉRIODE DE LA RENAISSANCE (Suite) 79
t reilleux trafic de gros el menu bétail ; il est vrai qu'il y a marché les mercredi (• el samedi de chaque semaine.
■ En la ville, il y a un grenier à sel qui s'étend sur les chfltellenies, lieux et € chambres d'Hérisson, Murât, Sully ou Saint-Amand, d'Ainay, de Germigny, de a Gannat et de Chantelle. Ce grenier fournit de sel deux cent soixante-dix-huit « paroisses.
< Outre tes prieurés de Noire-Dame et de Saint-Pierre, le chapitre collégial de t Sti ni- Nicolas, il y a, dans ladite ville, un couvent de Cordeliers. >
Ce qui est cause que l'œuvre de Nicolas de Nicolay est très remarquable pour l'histoire de Moutluçon, c'est que non seulement elle indique la situation de cette ville à son époque, mais encore telle que nous la retrouveroQS au lendemain de la Révolution, sauf quelques fondations et communautés faites après son passage.
Les confrères du Corps de Dieu et de Monsieur Saint-Jean Baptiste. — Les plus anciens règlements connus de laconfrérie du Corps de Dieu, érigée en l'Eglise Saint-Pierre de Montluçoo, datent de 1543. Ils sont restés en vigueur jusqu'en l'année 1789, ainsi que l'attestent le livre où étaient enregistrés les réceptions des confrères et les procès- Terbaux de leurs officiers. A l'origine, la confrérie était une association de bons vivants qui se réunissaient une fois l'an pour banqueter, les convives d'un jour ne tardèrent pas à former entre eux un lien plus étroit et plus durable. La religion les dirigea et leur premier acte de solidarité fut l'assistance au lit de mort et aux funérailles.
Dans la suite, les règlements inspirèrent aux confrères d'autres obligations morales et religieuses ; mais la fêle annuelle et les honneurs funèbres demeurèrent leurs deux grandes, pour ne pas dire uniques manifestations, et ils ne se sont jamais trouvés au complet qu'à table ou derrière un cercueil. Aussi eût-on soin pour corriger le cOté païen de l'association, de faire précéder le banquet d'une procession obligatoire et de placer la /'e«(e sous la protection de tous les saints du Paradis. On y joignit des services mortuaires solennels, des absolutionsgénérales ; enfin on multiplia les occasions d'entrer à l'église et de se rejoindre au cabaret. De la sorte, tant bien que mal, la confrérie traversa trois siècles, tenant le « pichet » d'une main et portant un cieige de l'autre. Toutefois l'organisation intérieure ne perdit jamais son caractère laïque.