‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 18 sur 113 · ACTES DU XVI» SIÈCLE · texte numérisé non relu

ACTES DU XVI» SIÈCLE

10 mai 1S18. — ■ Antoine de Lyon, grenetier de MoDllucon, Jean de Cnlanl,

< licencié es lois, Loys Pinet et LoysSouret, tousqualreconsuls deMonlIuçon paurl'Bii-

< née, assemblés avec nombreuses personnes! au devani d'une maison vielle nagnères

• BCtinise par matstre Pierre Alexandre des Honrs feu Berthelomier Bellîn, courdier,

• jongnant à l'escole que de presaol l'on baslit pour ladicte ville, d'une part, el A la ■ grand rne tendant de la place Nostre-Dame A la boucherie, d'aullre.

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(i8 lIlSTOinE riE MONTLL'i;t)K -

a Lesdils consuls passent un accord avec ledit Alexandre pour la retiricalion de B l'alignement de celle maison le long de laquelle se trouvaient trois piliers avançant « f^ur la rue de la Boucherie. *

(Archives de l'Allier, s/frie E, Ville de Sfontluçon, Parchemin)

7 août 1618. — « Invcnlairedcs meubles garnissant lechAteau deHontluçon,

I fait par l'orde de la duchesse de Bourbonnais après le décès de Petit-Jean, tapissier, n qui en avait la garde, a

(Archii-es natinmles P. 135T', .V" 37S - Titres de la imison de Bourbon, 8053}

16 octobre 1539. — ■ Sentence de Pierre Mathé, conseiller du Roi eu son a parlement de Paris, conlirmant le droit des consuls de Montiuçon de fixer les bans B de vendanges pour les vignes du vignoble de Montiuçon, et ce à rencontre des 0 prêlenlions d'Antoine de Lyon, écuyer, seigneur de Passât, grenelier au grenier à

< sel de Montiuçon, qui se fondait sur des lettres de Pierre, duc de Bourbonnais et

* d'Auvergne, du 1i octobre 1301, octroyées à Claude de Lyon, béninois de ■ Uontlucon, et portant autorisation à lui et ses hoirs < de provoyr vendenger sesd. « vignes ijunnd les fruiclz d'icclles seront meurs et que bon luy semblera t.

1S38. — n Mandement d'Antoine Bohier, conseiller du Roi et général de ses

• finances aux habitants de Montiuçon leur prescrivant de verser dans les quatre » mois, ou, s'ils n'ont la somme, de s'imposer de 2i0 livres t., somme à laquelle ils

< oui été taxés pour le paiement des gens de guerre du Roi.

« 20 mars 18.17 (v. st.) »

1541. — B Mandement de François 1", roi de France, enjoignant aux « esche- B vii)s, gouverneur et receveur des deniers communs de nostre ville de Montiuçon > « de verser entre les mains de Jean Laguette, receveur général des Gnances du Roi, t le montant des deniers communs d'octroi de la ville de la présente année, soit t 675 H S s. 2 d. t. pour la réparation des villes frontières du royaume, pour une H fois seulement, i

. Chètelleraull, ifi juin 15*1. »

4 septembre 1647. — • Acte par lequel Antoine Robinet, bourgeois de 0 Montiuçon, s'engage à payer à la ville de Montiuçon, la somme de 387 livres tourn nois, â cause de l'adjudication A lui passer du droit de maille qui se lève sur le « pain blanc vendu en détail en la ville et franchise de Montiuçon, et ce pour un an « commençant A la N. D. de septembre prochain.

1647. — « Mandement de Henri II, roî de France, enjoignant aux habitants B de Montiuçon de lui fournir di'ux milliers de salpêtre dans les deux ansquisuivront

II la présentation dudil mandement, et ce aux frais de la ville-

fl Fontainebleau. 17 octobre 1517. »

L'imposition globale sur toutes les villes du royaume était de huit cent milliers : c'était pour la fabrication de la poudre à canon.

{Areliirex de /'Allier. sMe E, Ville de Hontluçon, Pitrckemin)

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Période de la Renaissance 69

7 septembre 1S69. — « Leltres patentes de Charles IX accordant à Montluçon f vi ngt deniers sur chaque mi no t de sel pour être employés à rachâvcment du pont do « pierres, i

(Arckivei de l'Allier, Notes d'un Monlluçonnan, 1 cahier, XIX' siècle)

16 novembre 1678. — « Assemblée des habitante de Montiuçon tenue au

■ château de cette ville, en présence des consuls Joseph Coppin, Jean Guy, Jean

• Alexandre, et Pierre Delsvauvre. On décide qu'un présent d'argent sera offert à « noble Gilbert de Monétay, écuyer, qui s'est entremis dans l'intérât de la ville lort

■ du passage de l'armée des Suisses à Monlluçon >

(Archives de l'Allier, série E, Ville de Mnntluçon, Papier)

9 mars 1577. — < Les consuls ordonnent la conreclion de aixpaircâ de roues a ft Jean et Antoine Peyrot, charpentiers, destinées h conduire les pièces d'artillerie, « moyennant dix-sept livres dix s. t. »

18 janvier 1678. — i Conlract d'achapt de la maison du collège au proHict « de messieurs les consuls, v

(Arcliives de l'Allier. C. 29 )

38 août 1B81. — > La foire de Hontlucon se lient à Chazelles l'I), à cause de

■ la peste. >

(Registres paroissiaux de Désertines)

12 mars 1598. ~ < Acte par lequel Jacques Vtgin et Pierre Bartier, t marchands chaudronniers à Monlluçon s'engagent envers Alamargol, Jean de

• Montmajour, François de Culant et Antoine Cliarrecton, consuls, à leîir délivrer " deux milliers de bonne mélail propre ïservir â la fonte du canon que lesd. consulz

• prétendent faire faire en lad. ville pour la deffanco d'icelle, de ce dans Pasques < prochainement venant, moycnant la somme' de cent soixante-huit escux deux tiers

[Arcliives de l'Allier, série E, Ville de Montiuçon, Papier)

10 juin 1698. — « Acte par lequel Martial Pradier, marchand de la ville de

• Chambon s'engage envers les consuls à leur fournir dans les deux mois a cinq

• cens pesans, au poix de c^stc ville, de bonne rouzele, autrement cuyvre rouge.... « et encores la quantité d'un millier de métail bonne et propre àfaire fonte de canon, a moyennant deux cents écus.

(Même souree que le précédent)

« Receveur : Pierre Guy. »

28 novembre 1693. — • Acte par lequel Guillaume Pavye, maître fondeur

I demeurant au faubourg d'Allier de Moulins s'engage envers les consuls de

• Montiuçon k ■ refondre ung grand coulleuvtdne de la longueur de douze piedz de

■ chasse, au calibre du roy » avec les armoiries de la ville sur ladite couleuvHne, « moyennant cent dix écus sol. ■

(Archives de l' Allier, série E, Ville de Montiuçon, Parchemin)

(1) Village de Marmignotles, Commune de Désertines.

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'0 HiSTOIRB DE MONTLUÇOK

6 Mvrier 1B97. — « BipWme, à NérU, d'une fille de Chamblet, « au muso

• de l'incoDvénieDl et massacre de leur esglize, qui l'aocicn du régimenl de a RouzBDt, qui lua plusieurs chrcslien dans leur esglize. »

(Regislret paroissiaux de yéria)

4 jiiill«t iB97. — ■ Mandement de Henri IV, rai de France et de Navarre à ( ses trésoriers de France.

• Les habiUnts de Montlu^on lui ont fait exposer que le 8 juillet iS36 François 1" a leur avait oclroyâ le droit de lever sur eux certains menus aides, < c'est à savoir

■ sur chacun tonneau de vin vendu en détail la treizième partie appelée ta petite

■ mesure ; sur chacun tonneau de vin vendu en gras dix deniers tournois, sur chacun > tonneau de vin mené et charrayé hors lad. ville et franchise de Montlnçon vendu < ou non vendu par lad. ville et Tranchise pour tirer aalre part vingt deniers « tournois, el de chacun tonneau de vin venant de lad. ville et Tranchise déchargé t dans icfllle et pub après rechai^é et ramené dehors vingt deniers ; pour être lesdits ( deniers convertis et employés aux réparations, murailles, tours et porlaux de lad. ( ville ».

« Lequel octroi a été interrompu de lever par suite de guerres ; et « depuis

■ les tems il est arrivé par plusieurs années grandes inondations d'eau qui ont ruiné t la plupart des murailles de lad. ville, ensemble le pont qui est hors d'icelle sur la

* rivière de Cher»

c C'est pourquoi le" roi leur accorde le droit de lever les aides cî-dessusspécifiées, « pendant six ans àcompterdujourdespréscnicspourétreemployées aux réparations. < Paris, 4 juillet 1S9T »

(Archives de VAUier, Série E, Ville de MonUuçon, Papier)

CHAP[TKE VIII

Période; i?e: la Renaissance (suite) contbs et lëgbndbs

Contes et légendes : Le dragon du Roc du Saint — Agnès de GhAtelard. — Emma de Lignerolles et le Cb&teau de l'Ours. — La belle Odile de Montluçon. — François 1" et Louise de Savoie. — Riunion du Bourbonnais i la Couronne. — lies Registres paroissiaux. — Nicolas de Nicolay. — Sa description de Hontiuçon. — La confrérie du Corps de Dieu et de Honsieur St- Jean-Baptiste.

Contes et légendes (1). — Après avoir décrit sommairement l'habillement de nos ancêtres, il ne sera pas superflu de bire connaître à nos concitoyens quelques-uns des contes, ballades et légendes qui se narraient duract les longues soirées d'hiver, sous la grande cheminée autour de laquelle se pressait la famille assemblée, récits que la tradition a conservée jusqu'à nos jours.

Le dragon du Roc. — Le dragon ne siflle plus sur le château de Chfttelard, il n'ouvre plus sagueulede feu pour dérouter le voyageur égaré. Le cerf peut s'abriter sous les houx toujours verts que le monstre a souillés de sa bave. Que te chevalier qui l'a tué, soit à jamais béni !

On ne lui donnera plus pour l'apaiser vingt génisses blanches ou les larges g&teaux d'ot^e ou de miel. Ses écailles d'or sont tombées. Le dragon ne siflle plus.

Sa tête de caïman avait des yeux d'éraeraude, son sein beau et sa croupe d'alezan. Il endormait de ses chants langoureux. Son haleine desséchait le torrent et l'herbe de la rive. Le dragon ne siffle plus.

(1) A. Yvee, 1846. — Perol, Clermont-Ferrand.

72 Histoire de Montluçok

Un jour, la tille du noble ch&telain folâtrait ilaos les champs. L'éclat des yeux du drigou attira la llllette comme le phare attire la DOCturne phalèae. Il la dévora, 0 ch&t«laia de Châtelard ! Mais le dragon ne siffle plus.

. Car tu le vainquis avec cette armure de fer qui te couvrait le corps. Cependant tu ne le tuas point, parce que tu doutas du Saint-Patrou qui devait recevoir les ailes du monstre comme offrande. Tu devras y retourner le lendemain pour.... que le dragon ne silfle plus.

lie lendemain, le sire de Ch&telard retourna vers le roc. Ses armes étaient bénites et une épine de la Sainte-Couronne couvrait la garde de son épée. Il y alla d'un cœur pur et confiant et tua le dragon qui ne siffle plus.

Mais le dragon toucha de sa langue de feu les armes du brave paladin qui tomba et alla rejoindre sa fille dans l'éternité. Le dragon ne siffle donc plus sur le roc du Saint.

Agnès de Ch&telard (1). — On racontait également l'histoire de la jeune Agnès de Châtelard. Elle avait, disait-on, donné sa foi à un jeune et brave gentilhomme qui fut obligé de partir. Mais on fit les fiançailles.

Pendant son absence, un chevalier noir se présenta au castel. On le reçut, il était blessé et Agnès plaça des simples sur la plaie. Le chevalier noir et farouche guérit, mais en partant, il demanda au père d'j^gnèsla main de la jeune fille. Devant la déclaration qu'elle était promise, le chevalier noir entra dans une grande fureur, sonna du cor et l'on vit sortir des bois voisins des bandits qui tuèrent le sire de Ch&telard et emportèrent la malheureuse Agnès qui mourut en chemin.

Tandis que l'angelus du soir avait jeté sa dernière note et que la troupe cheminait encore, un chevalier parut. C'était le jeune fiancé. Il devine ce qui vient de se passer. Il court, renverse, tue et quand il est seul sur la route, il reconnait le cadavre d'AgnèSj l'ensevelit avec soin et disparaît.

Mais l'histoire d'Agnès n'était pas partout la même et ailleurs on la contait ainsi :

Le père d'Agnès, voyant sa fille succomber & un amour secret pour le

(I) A. Yves.

PÉRIODE DE LA RENAISSANCE (Suite) 73

chevalier qu'il avait reçu chez lui, part avec un écuyer pour vaincre le paladin ou succomber lui-même.

A peiae a-t-il quitté le chAteau que le chevalier aux regards de feu se présente. Le sire de Chfttelard fond sur lui ; mais le fer de sa lance se brise et tombe en poussière ; sa lourde épée vole au loin en éclata et son poignard même sur le visage de l'inconnu s'émousse et se brise. Et Satan, car c'était lui, s'écrie d'une voix de tonnerre :

f Vassal rebelle, souviens-toi du serment de ton père qui me vendit son âme. T.a race m'appartient, à bientôt ». En effet, le père ne surmonta pas la frayeur que lui causa cette scène et il alla rejoindre sa fille dans la mort.

Le château fut ruiné par les vassaux qui s'en construisirent des demeures et le brave écuyer, comprenant la vanité des choses de la terre, passa le reste de ses jours à prier et à pleurer sur le tombeau de ses maîtres, pansant les plaies des malades, soignant les lépreux et instruisant dans la vraie foi les enfants du village de Chdtelard. Il mourut plein de jours et de vertus et la tradition rapporte que depuis ce moment, le rocher qui l'abrita fut nommé le Roc du Saint.

Emma de XâgneroUes. — Le sire d'Artonne ou celui de Montluçon, on ne sait pas au juste, avait une Hlle chérie, qui s'était fiancée à son cousin, le beau Rodolphe.

Mais le sire, père d'Emma, la maria au puissant seigneur de Lignerolles dont il redoutait le crédit. Les noces furent tristes, les suites plus tristes encore.

La vieille Europe se précipitait en Orient au secours de ses frères, persécutés par les Turcs, Rodolphe partit.

Le sire de Lignerolles suivit aussi son maître, haut et puissant seigneur de Bourbon. On arrive k Massoure. Là, Rodolphe retrouve celui qui a pris la moitié de sa vie, Emma. Alors, il le provoque en champ clos. La haine dirige les coups de Rodolphe qui couche dans la poussière le redoutable sire de Lignerolles. 11 se baissa, prit l'épée du vaincu, -son anneau, et revint en France, oubliant et le Saint-Sépulcre à reconquérir et sa haine contre les infidèles.

Quand Emma vit Rodolphe seul, elle pleura en songeant aux liens qui les avaient unis jadis, mais elle refusa d'épouser son cousin avant que celui-ci eût certifié par serment que le sire de Lignerolles avait été tué sous les murs de Massoure.

Quand le deuil fut fini, Emma accepta Rodolphe pour époux, on fixa le jour des noces et l'on prépara des fêtes magnifiques pour ce jour fortuné.

Mais la veille, les gens de Lignerolles, quicouraient càet là racontant

la nouvelle, oi^^isant tout pour le lendemain, virent passer, ft la tombée de la nuit, des chevaliers à l'aspect sinistre qui fendent la foule pressée dans la cour du chlteau et entrent dans la vieille salle d'armes où l'on fait les derniers préparatifs et où les fiancés sont entourés de leur petite cour. Du groupe des chevaliers s'avance un homme à l'armure pesante ; il lève son baudrier, découvre son visage et montre les rudes traits du sire de Lignerolles. Il n'y eut ni plaintes, ni cris, ni larmes. La vengeance

fut prompte, terrible, et sans miséricorde Le lendemain, on pleurait à

Lignerolles, la douce châtelaine, qui avait succombé défrayent, dit-on, et la nuit, un homme bâillonné et lié était jeté dans une des cavernes profondes du Ch&teau de l'Ours.

La belle Odile de Montluçon. — Le Château de l'Ours. — La légende d'Emma de Lignerolles n'est pas la seule qui se rattache & l'histoire du vieux donjon des bords du Cher.

11 en existe une autre, plus dramatique encore, s'il est possible, celle d'Odile de Montluçon, qui aurait eu également pour théâtre les sombres cachots du manoir féodal de Lignerolles.

La belle Odile était fille d'un Archambaud, comte de Montluçon. En partant pour la croisade, Archambaud avait laissé dans son ch&teau aa femme, Ermengarde et ses enfants, sous la protection et sous la surveillance d'un homme qui avait toute sa confiance, de Raimbaud, dit le Sarrazin. De ses enfants, Odile élait l'aînée. Seize ans & peine avaient effleuré sa blonde tète. Ermengarde cultivait avec une prédilection pleine de sollicitude l'esprit de son enfant. La vertu de la mère protégeait l'innocence de la fille ; mais la mère mourut, et dans la nuit de deuil et de désordre qui suivit le trépas de la veuve d'Archambaud, la pauvre Odile devint victime de la brutale passion de Raimbaud, qui nourrissait pour l'enfant de son maître une passion d'autant plus fougueuse qu'il était obligé de la concenlrer plus violemment dans son cœur.

Raimbaud désirant faire disparaître la trace de son crime, fit prendre à Odile un breuvage narcotique, la mit dans un cercueil et la fit porter dans le ch&teau sauvage de l'Ours, qui devait être son tombeau.

On fit croire qu'elle était morte et on célébra ses obsèques avec pompe.

C'est dans le donjon même du château qu'Odile fut renfermée avec sa vieille servante. Raimbaud leur donna du pain et de l'eau pour huit jours et poussa sur elles les portes de l'éternité.

Il les croyait mortes ; il revint au château, pénétra dans le donjon. Quel ne fut pas son étonnement ! Elles avaient disparu ; il les vit assises sur les bords du Cher. Elles étaient sorties par un souterrain ignoré du bourreau. 11 les ramena dans la lugubre prison, et, pour que désormais

PÉRIODE DE LA RENAISSANCE (Suite) 75

elles ne teatasseot pas de s'évader, il leur enleva leurs vétetneDts et les remplaça par une peau d'ours.

Gomme la servante venait de rendre l'âme, Odile mettait au monda un enfant.

Cet enfant rattacha la mère à la vie et à l'espérance. Il grandissait et errait souvent dans les rochers, couvert de la peau des bêtes fauves.

Les pâtres du voisinage elTrayés à sa vue, s'enfuyaient et désignaient le château sous le nom de chiUeau de l'Ours.

Un jour l'enfant rencontra sur les bords de la rivière, un vieil anachorète de l'ermitage de Sainte-Radegonde et lui raconta les douleurs et les souffrances de sa mère.

L'ermite qui avait porté la jaquette à mailles de fer, se résout, sur le champ, à délivrer Odile. Il s'adjoint quelques seigneurs du voisinage, les conduit au ch&teau de l'Ours et s'empare de Baimbaud au moment où celui-ci entrait dans son repaire.

Le crime de Raimbaud fut connu et on le pendit aux créneaux du château de Montluçon.

On dit que pendant huit ans et quatre mois, espace de temps qu'avait duré la captivité d'Odile, les oiseaux de proie ne touchèrent pas au cadavre du traître. Au bout de ce temps, son cadavre disparut, hiea qu'il fut attaché à une forte chaîne scellée elle-même aux pierres du créneau.

Quand à Odile, elle se retira dans un couvent à Montluçon et y Unit ses jours.

Son fils alla (aire la guerre avec honneur en Palestine et fut connu sous te nom du chevalier sarrazin. On dit même qu'il fut la souche d'une famille qui a porté son nom en France.

François !■'' et Louise de Savoie. — Depuis sa confiscation au profit de la couronne, après la déchéance du fameux connétable, le Bourbonnais, et avec lui Montluçon, sa grande ville forte, ne sont plus qu'une fraction du domaine royal. Le duché est donné en apanage ou en usufruit à divers princes ou princesses de la famille régnante, descendant d'une branche de la famille de Bourbon. La dernière famille qui en ajoui est celle de Condé qui l'a possédé jusqu'il l'abolition du duché, en 1789, ainsi que nous le verrons dans la suite.

Après sa confiscation, François 1" transigea avec sa mère, Louise de Savoie, sur les prétentions qu'elle avait élevées sur cet héritage et lui abandonna le Bourbonnais, dont elle devint duchesse. Ce titre, elle ne le conserva que peu de temps et mourut en 1531, sans avoir laissé le souvenir de son séjour parmi nous. En 1-)i5,le duché de Bourbonnais, dont faisait partie Montluçon, fut délinitivement i-éuni à la couronne et suivit désormais sa destinée.

Lea registres paroissiaux. — Au xvi* siècle revient l'honneur d'avoir vu naître une des plus louables institutions : nous avons nommé la tenue des registres paroissiaux, qui donnera plus tard naissance aux registres de l'état civil.

Avant cette époque, en effet, on n'avait point songé à inscrire d'une façon régulière et authentique les naissances ou les décès. Des registres de baptême étaient bien tenus dans certaines églises, mais ils n'avaient aucun caractère officiel.

Ce fut François i" qui imposa par l'ordonnance de Villers-Cotterets de 1539, la tenue régulière de registres où les curés mentionneraient les naissances de leurs paroisses Un peu plus tard, les actes de décès, puis les actes de mariages durent y être également inscrits.

On ne saurait espérer retrouver dans toutes les paroissesdes registres remontant à l'époque même où l'ordonnance fut rendue, les premiers cahiers ont été égarés presque partout.

Les plus anciens registres que nous connaissions dans le département de l'Allier sont ceui de Saint-Germain-d'Entrevaux (Commune de Cbâtelde-Neuvre) 1538 ; La Palisse 1539 ; Le Donjon 1540; Hérisson 1543; Néris 1574 ; Notre-Dame de Montluçon, 1591.

En 1547, on signale pour la première fois, une fabrique de poudre à Montluçon et en 1548, l'affranchissement des serfs des chàtellenies.

Description de Montluçon par Nicolas de Nicolay. — En 1569, Nicolas de Nicolay, valet de chambre de Charies IX et célèbre géographe fit plusieurs voyagea dans la province du Bourbonnais. Sa description de Montluçon est la plus précise que l'on connaisse de la fin du moyen-âge. En voici la copie exacte :

€ Montluçon est une ville 1res antique, la seconde du pays et duché du t Bourbonnais, soit en grandeur, richesse et forteresse et l'une des dix-scpl ■ chàtellenies.

• Sa forme est à peu près ronde, excepté du côté alianl aux Cordeliers qui a s'étend en forme de poire ; elle est enceinte de honnes murailles et de plusieurs « tours bien flanquées cl hors d'échelles ; elle est environnée de grands fossés, a « ijualro l>elles et fortes porlcs, dont la première, qui est sur le haut du celé tendant H aux Cordeliers, s'appelle la porte Harchioux. La seconde est à droite, sur te gmnd « chemin d'Auvergne et s'appelle des Forges, et au-dessus d'icellc passe un petit n lleuvc ou ruisseau appelé Lamaron, qui prend son origine de l'étang de Halenlric * t:n la paroisse de Durdal, passe à Qiamhlet, delà passant par vallées obliques, « joinl la dite porte et faubourg des Forges, nettoie les (ripailles des bouchers, < l'infection des tanneurs et autres immondices, remplit de vers le bas des fossés de « la ville, et suivant son cours prés de la porte et le feuhourg Sainl-Pierre et le « moulin de la Grève, se dégorge devant le Cher.

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QU7CRTIER SJCINT-PIERRH

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