‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 27 sur 113 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Evénements Principaux DE LA Fin du XVII" Siècle

Louix XIV oàde le oh&teau de Hontlupon au prince de Coudé — La famille Fouquet — Les sœurs de Saint-Lazare, dites sœurs dd la Marmite — ConstruotioD du nouTeau couvent des Ursulines, aujourd'hui Hôtel de ville (1670 A 1676) — Ordonnance de l'intendant de la généralité de Moulins, réglant la nomination des conseillers de ville, des consuls, des administrateurs de l'hdpital et le choix d'un prédicateur pour l'Avent et le Carême — Autres actes du 17» siècle — Montluçon en 1697.

Le 26 février 1661, Louis XIV cédait à Louis de Bourbon, prince de Condé, la baronaie de Du racen et autres domaines et recevait en retour le ducl)é d'Albret. Par ce même acle^ le roi cédait au prince, pour en jouir par lui et sa postérité légitime, à titre d'engagement, ainsi que du duché de Bourbon, les droits de nomination aux bénéfices et de présentation aux offices.

En vertu de cet acte, les princes de Condé restèrent possesseurs du château de Monilucon jusqu'à la Révolution.

En 1665, le marquis de Cliarost, époux de dame Marie-Magdelaine Fouquet donna une cloche au couvent des Ursulines. Son fils en fut le parrain.

La famille Fouquet. — Si les couvents de Montluçon n'ont donné asile à aucune personne célèbre ou remarquable, il n'en est pas de même de notre ville, et nous devons mentionner la Tamille Fouquet, qui a rendu de signalés services à Montluçon. Une rue porte encore son nom.

Montluçon, dit un historien, eut l'honneur de donner asile à deux âmes malheureuses et d'abriter dans ses murs deux infortunes dont te nom est connu de la France entière et que Lafontaine a fait pleurer aux nymphes de Vaux.

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96 HiSTÛIBE DE MONTLUÇON

Après les rudes coups qui ruinèrent, pour ainsi dira le riche et opu< leot Fouquet, procureur géuérsl au Parlement de Paris, mluistre d'Etat, surintendant des FinaDce,sque Louis XIV avait disgracié et fait incarcérer, sa mère, Marie Haupeou, et sa femme, reçurent l'ordre du roy de se retirer à Hontluçon. Elles établirent leur résidence au lieu dit de la Gave, entre les rues actuelles de la Gatté et du boulevard Gamot ; il subsiste encore une partie de leur ancienne habitation. (1)

Comme cette maison était en dehors des fortifications de la ville, pour abréger le chemin qui conduisait de leur habitation & l'Eglise Saint- Pierre, les dames Fouquet demandèrent la permission d'ouvrir au Nord de la ville et & leurs propres frais une cinquième porte qui prit le nom de Porte Fouquet. Une délibération des officiers municipaux autorisa ces dames & percer cette porte, dont il reste encore une des tours.

Mais la charitable veuve de Fouquet ne se borne pas à cette dépense. On sait qu'il y avait alors à Montluçon deux établissements de charité pour les pauvres des deux paroisses : La Maison de Charité ei FHôUl Dtett.

La première, nous l'avons vu, existait avant 147S. Des revenus étalait distribués par les dames ; puis, l'ordre de Saint-Lazare ayant été établi en France, on fit venir trois sœurs de cet ordra pour administrer la maison, à laquelle les dames Fouquet firenten 1667 un don de deux mille livres. (2)

Quant à l'Hôtel-Dieu, il recevait les malades de la ville. Cependant, la paroisse de Givrette, ayant versé au trésor royal un capital de vingthuit mille quatre cent cinquante livres, dont l'Hôtel-Dieu touchait les revenus, fut autorisée & y envoyer ses malades. Plusieurs personnes riches y fondèrent des lits.

Constraotion du nouveau couvent des Uraulines (aujourd'hui tlotel de Ville). — Ce lut en 1670 que, pour caase d'agrandissement, furent commencés les cloîtres du nouveau couvent des Ursulines qui ne furent terminés qu'en 1676. Les dortoirs n'ont été terminés qu'en 168f . C'est au mois de mai de cette dernière année que furent posés les fondements de

(I) Propriétée habitée actuellemenl par M. le Docteur Mercier.

(i) La propriété Fouquet passa plus tard en bien d'autres mains ; elle appartenait en 1768 à un sieur Fermé, ancien conspiiler au Parlement de Paris qui, à la date du 11 septembre de la même aoniîe, fit une convention avec le prince de Conde, autorisé par le roy, aux termes de laquelle te prince cédait à Fermé douze toises de terrain vague, sis au bas du parc du Cliàteau de la Gaieté, prés larivlëre du Clier, en échange d'une OBÉRiE, ou plantation de peupliers, sur le bord de la rivière, appartenant à Fermé, pour servir à agrandir le parc aux bestiaux le jour des marchés. Mofennant, en outre, une redevance annuelle et perpétuelle de trois chapons de cens seigneurial, à laquelle s'engageait ledit sieur Fermé, vis-^vîs de son Altesse seigneuriale le prince de Condé. (Archives nationales.)

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Evénements Principaux de la Fin d« XVII» Siècle 97

la chapelle qui, naguère encore, servait de salte de théâtre. Elle fut bénie en 1684, le jour de Sainte-Ursule, par l'archevêque de Etourges.

Eq 1675, le 24 juin, jour de la fête de Saint-Jean, « tout le monde, dit uo historien, était dans sa maison h se chaufTer ; il en fut de même le jour de la fête de Saint-Pierre et Saiat-Paul et jours suivaats, car il faisait grand froid et quatre ou cinq jours avant ledit jour de Suint-Jean, on a vu du glas épais d'uu écu > .

L'année 1676 fut marquée par le passage à Montluçon de l'archevêque de Bourges, qui y administra la confirmatioD et resta quinze jours dans ses murs. Le prélat se nommait Michel Poucet. En quittant Montiuçoa, il se rendit à Néris, où il arriva le 5* jour du mois de juin, qui fut le lendemain de la Fête Dieu. A Mootluçon, il avait confirmé environ quinze cents Âmes et fait les petits ordres ; on lui avait même foit pendant son séjour un grand feu de joie et les gens, sous les armes, étaient allés au-devant de lui avec deux carrosses et quatre bons capucins qui prêchaient et confessaient le pauvre peuple pendant la visite.

La même année 1676, fut instituée la corporation des charcutiers.

En 1680, internement de prisonniers de guerre.

En 1680-1681, eut lieu un procès entre les habitants et le prince de Condé, dont le dénouement n'est pas mentionné.

En 1687, il y eut si grande quantité de vin qu'on ae savait pas où le loger ; les fats ou tonneaux ont valu jusqu'à quatre francs et le vin ne s'est vendu que quatre et cinq francs.

L'année suivante, 1688, fut instituée la jauge et établi un droit sur les liquides. L'hiver de cette mérne année lut excessivement rigoureux.

En 1689, fut rendue la célèbre ordonnance de Messire Daquin, seigneur de Chasteaurenard, Intendant de la généralité de Moulins, pour remédier aox différents abus et désordres arrivés dans les assemblées générales des habitants de Monttuçon, tant au sujet de la nomination des consuls, administrateurs de l'hâpital, valets de ville, présentation d'un prédicateur à M. de Bourges pour prêcher l'Avant et le Carême, que des afl'aires concernant la ville, l'intérêt et le service du roy et du public.

Voici cette ordonnance qui est du 12 février :

1° Composition du Conseil de Ville. — t Ordonnons qu'à Tavcnir, le Conseil « de ladite ville et communauté de Monlluçon aéra compose de dix-huit conseillers « qui seront pris. Savoir : huit dans la paroisse de Notre-Dame, liuit dans celle de « Saint-Pierre, un pour le faubourg Saint-Pierre et un pour celui de Brelonny, du • nombre desquels il y aura deux officiers de l'élection et des autres justices, deux < procureurs et le surplus d'entre les marcliands, bourgeois, principaux habitants de

■ ladite ville et faubourgs ».

S° Electioii des CoiitaLs. — « Que le lendemain de la nomination desdits conseil-

■ 1ère de ville, eux et les consuls, après avoir fait dire et ouy ensemble une "messe

9S Histoire de Montlucon

« du SainUEsprit dans ladite église Nalre-Dime à sept heures, ils se rendroat audit « Hôlcl-de-Ville dont lesdils consuls seront tenus de se départir deux pour aller

> quérir le juge et le procureur du roy l l'effet de tenir l'assemblée pour y procéder, a par lesdits consuls et conseillers à ta nomination de nouveaux consuls aux lieu et K place des anciens, sans que ledit juge puisse prétendre y avoir aucune voix déli- « béralive, mais seulement donner acte audit procureur du roi (jni te requerra du « résultat et nomination qui aura été faite dosdits nouveaux consuls i la pluralité « des voix, lequel vote sera enregistré i ta manière accoutumée, et ce fait, lesdils a juge et procureur du roy seront reconduits jusque ches eux par les deux consuls

■ qui les auront esté prendre n

3° AdmiHùlration de l'hâptlal. — Valets de ville. — i Que les administrateurs K de t'hdpilal seront choîûs par les consuls esclievins et couseilters de ladite ville,

> auquels chacun des administrateurs sortant de charge, proposera trois personnes I pour être choisies une à sa place i ta pluralité des voix. Que le choix et la nomi- I nation des valets de ville se fera par tes consuls eschevins seulement »,

4^ Le prédicateur du Carême. — • Que la présentation du prédicateur pour

> l'Avant et le Carême i H. de Bourges appartiendra pareillement aux seuls consuls

* eschevins ■.

S" Archives Mu/UeipaUi. — > Que tous les registres, titres et papiers de ladite € ville seront déposés en l'hilel d'icelle et mis entre les mains de son grefBer ou t secrétaire, inventaire préalablement Mt d'iceux par les consuls en charge parde-

■ vant le juge) le procureur du roy présent, sans frais, lequel inventaire demeurera

■ entre tes mains desdits consuls en charge pour être par eux réunis à ceux qui leur < succéderont et ledit secrétaire ou greffier de ville, responsable desdits registres,

• titres et papiers ainsi inventoriés *.

6* Tenue des registres d'ordre. — t Que tous les ordres et dépesclies qui seront

> envoyés de la Cour, gouverneurs, leurs lieutenants ou de nous qui concerne

> l'intérêt de Sa Majesté pour les affaires de ladite ville où le juge, procureur du I roy et conseillers de ville seront appelés par les consuls dont mentions sur le

> registre ensemble du résultat pour leur exécution A la réquisition du procureur du

T° Logement des gens de guerre. — * Finalement que les logements des gens « de guerre seront faits k l'Hûtel-de-Ville par les consuls de ladite ville seuls, dont « il sera tenu un contrôle exact pour cognoltre s'ils auront été faits dans l'ordre et 1 A tour de rôle comme ils doivent eitre, en sorte que tes habitants qui y sont sub- « jets ne puissent (Irc fatigués les uns plus que les autres, à peyne lesdils consuls n demeurer responsables en leurs propre et privés noms a peyne de tout leurre t dommages-inléréts, conformément aux ordonnances et règlements de Sa Majesté >.

L'aonée 1689 fut une année de disette telle qu'on n'en avait jamais vue ; OB ne mit pas seulement le pied dans les vignes pour y vendanger et on coupa presque tous les pieds, comme étant tous morts par la gelée.

Evénements Principaux de la Fin du XVII* Siècle 99

DOCUHENTS ACTES k ORDONNANCES DIVERSES

Extrait d'un registre de» délièérations des Consuls, assistés des notables habitanh de la ville de Montiuçon, pendant les années 1675 à 1690, registre dont nous deoowi la communûation à l'oèUgeance de notre concitoyen M. G. Brugtère de Lamotte.

c Aujourd'hui neaKesine jour de Avril mil six c«nt soixaute el dix huit, les « ^eure escheviDs de cette ville ayant fait convoquer et assembler en l'hostel commun

• de lad. ville. Messieurs les ofHciers et habitans d'icelle, lesquels estans assemblés

• ont non senllemeot approuvé la vante et alliënation des fossés faicte par les sieurs

■ consuls qui ont esté en chaîne, maïs donnent advïs aux sieurs qui le aont de t presan, de vaudra et alliéner incessamment le peu qui en reste pour les grandes

< commodités qui en arrivent pour le public et le particulier, en ce que lesd. fossés

■ estant pleins d'eau auparavant l'aliénation, servants de réceptacle à toutes les

• charognes, ordures et immondicités, et oit ils a'estoit noyé beaucoup de personnes ; 1 ces eaux cronpissanles venants & se corrompre engendroient beaucoup de maladies

■ populaires et malignes, ce qui a cessé par la grâce de Dieu lorsqu'on a eu desseiché « lesd. fossés, et qu'an lieu des méchantes vapeurs qui s'en enlevoîent, il s'en exhale

■ maintenant de bonnes odeurs par la culture de la terre et le soing qu'où a d'y

■ planter des fleurs et autres choses qui corrigent l'infection de l'air ; qu'outre la

• salubrité de la ville les dehors en sont beaucoup plus agréables et plaisans, que les

■ iHvpriélaires qui ont des caves proche les murs do la ville, depuis la porte des

• Forges tirans en bas jusques k la porte Poucquet, ne pouvoient presque s'enservir « accause de l'eao qui des fossés y regorgeoit lesquels maintenant sont desseichés.

« Et qu'enfin la ville s'est dessargée envers le Roy d'un cens fort considérable « de vingt-sept couppes froment et de trente-huit sols d'ai^ent, payables à chaque

■ fêle de Sainct Hicbel, comme il se voit au Terrier dn Roy en la reconnoissance

< bide par les consuls pardevant Trolleron, notaire, le 18 mars 1496. »

Parmi les trente-huit signatures apposées sousce procôs-verbal, noua avons pu lire les suivantes :

c Deschamp, Decomminges, (procureur du Roy) Guy (subatilul) Héténier,

< Demanceau, Preschonnet, Benoist, Berlhet, Saugiére, Robinet, Ghartron, Bourdier,

■ Tbiband, Durdand, Delaroche, Cailhe, Gouinet, Poullaud, Robinet (notaire royal)

< Perrot, Petitet. >

18 juillet 1078. — * Procès-verbal des passages de gens de guerre, gresles.

• gellées, incendies et autres accidents dressé par M. Alexandre de Beausson, trésorier

• de France i Moulins, député pour ce dans les élections de Honlluçon. Guëret et

■ Combrailles.

■ Estant en la ville de Montiuçon, les échevins ayant comparu pardevant nous,

• auraient rapporté que depuis le mois d'octobre dernier, il a passé en lad. ville

■ soixante et deux logements, tant cavallerie qu'infanterie qui ont presque toujours

• séjour au nombre de seize capitaines, six lieutenans, quatre cornettes, onze mare-

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100 Histoire de Hontluçon

■ chaux-des-logis et trois cens tranle-quatre cavalliere; Tingt-neuf cflpiuines d'inran-

> terie, trenle-un lîeutenans, deux soalxlieutenaas, cinquante-six sergens et oeuf cens

■ quarante-six soldats ; que celle pnisente année, l'inondation de la rivière du Cher

■ qui a commencé le premier de i^e mois et qui dure encore, causée par les pluyes « continuelles qui empesclie que l'on puisse ramasser les grains et fourrages qui sont « sur les terres et les dépértKsent, ont encore gasté et dépéri quantité de grains,

■ fourrages et labourages des terres qui joignent ladite rivière de Cher et apparia tiennent aux habtians de Hontlugon.

< Nous ont représenté lesdits douze échevins qu'il a été imposé en lad. ville de

* Hontlucon treize mille cinq cens livres t. pour le double ustancil, quoy que lad. « ville ne soit imposée pour la taille qu'i douze mille livres ; lesquels impositions et « logemeos de gens de guen'e ont obligés plusieurs habitants à se retirer de lad.

■ ville ».

(Papier, Archives de l'Allier, C. 237).

1080. — < Peste à Montiuçon >.

1881. — Arrêt du Conseil d'Etat fixant de la foçon suivante les charges ordi-

■ naïres de la ville de Hontluçon.

* Au prédicateur de l'Avant et Carême 300 fl

« Au principal do Collège 300 H

■ Torches et cierges aux cinq processions SO B

n A chacun des deux clercs de ville. 30 ^

* A l'horloger 30 H

* Au fontenier 30 tt

■ Pour l'entretien des portes et murailles et autres dépenses exlraor-

« dinaires MO H

€ Versailles, i" juillet 4681 >, (Àrchivei de i' Allier, C. 26).

1681. — < llecon naissance de cens dàs au roi t cause de sa châtellenie de

> Hontlucon, par Claude Goujon, contrAleur au grenier k sel de Hontluçon, Pierre

• de la Chapelle, Charles Vérougnier, Jacques Cantal, tous avocats au Parlement,

■ consuls, échevins de Montiuçon, assis sur l'hôtel de la Coudre, oit est à présent

■ établi le collège de Montiuçon situé proche et à costè de la porte de la ville, apellée t la porte du marché, h présent des fxirdeliers, dans l'enclos de lad. ville >.

f 30 juillet 1681 ».

(Archives de l'ÀUier. C. 29).

1684. — » Lettres de M. de Creil, intendant A Moulins au contrôleur général <r des finances (10 et ii déc«mbrc 16H4).

« Il a été nécessaire de faire un grand nombre de taxes d'office à Honlluçon,

« pour mettre un peu d'équité dans le rôle des tailles ; il en faudrait user de

n même pour le rùle de la mbiiitanf.e, dont les familles des maires s'exemptent 1 depuis plus de trente ans, sans pouvoir justifier, soit de leur noblesse, soit de « services suflisants n.

(Archivei fialionaUi, Correspondance du contrdlettr général avec Ui Inlendanls).

Evénements Principaux de la Fin du XVII» Siècle 101

1080. — Procès-verbal delà généralité de MouUtù, dressé en 1686 pnr Fiorent

d'Agonget,inUndatUdelad.gétiératité,puiliéparA. ¥ai/tsière, 1872— Moulins, in-8'.

A Montlncon, dit l'Intendant : » (1 y a sept Toires dans l'année et marché les

< mercredis et samedis. Le commerce est des vins qui se vendent dans la Marche et

• quelques toiles.

a II y a un pont de bois en partie, et l'autre de pierre ; un pavé le long de la « rivière assez mal entretenu. >

(Edition Vayssiére, page 171)

1698. — ■ Monlluçon — produit des octrois : cinq cent livres ; chaires, quatre « cent vingt H ; revenant bon, quatre vingts H.

• Les dites charges consistant A l'entretien de l'horloge, fontaines, prédicateur, « ciei^es pour les processions et épices de la chambre pour la reddition du compte. * (Archives de t' Aliter, C 159, papier)

1696. — c Décès, A Vichy, d'Antoine Brioude, maire de la ville de Montluço i f et élu de Nevers.

« 4 novembre 1695. > (Archives commurtales de Vichy, C€, 4.)

Extrailt relatifs à Montlupon du rapport de M. de furmenyet de Nointel, intendant de la généralité de Moulin», sur cette généralité en 1697. (Manuscrit de la bibliothèque municipale.)

t. Montiuçon est la seconde ville du Bourbonnais... le Cher baigne un de ses

■ quatre faubourgs et coule sous un pont de pierre de cinq arches, dont deui sont « imparfaites, elle est enfermée de bons fessez et murailles bien entrete nues deffendues

< de distance en distance de quarante tours rondes aven quatre portes de villes.

■ La ville est assez peuplée, il y a trois mille personnes et huit cents feux, elle

■ est desservie par' deux curés à portion congrue et par des prêtres habituez. Il y n

• une église collégiale fondée par les ducs de Bourbonnais, desservie par un doyen

■ et douze chanoines capitulaires au lieu de dix-huit qu'ils étaient autrefois, dont les « canonicats peuvent valoir quatre cents livres et d'un bas-chirur composé de douze

< vicaires. Il y a un couvent de Cordeliers, un de Capucins, deux communautés de ( lilles, l'une de Saint-Bernard l'autre de Sainte- Ursule, qui sont fort riches, un K petit hdpital ou l'Hétel-Dieu est desservy par les sœurs grises sous la direction de

■ quatre directeure tirés des eschevins.

< Et y a une chAtellenie royale composée d'un président, d'un lieutenant civil,

■ lieutenant criminel, lieutenant particulier, d'un procureur du Roy et d'un substitut;

■ un bureau d'électeur, un lieutenant de la vice sénéchaussée de Moulins et sept archers.

■ Le corps de ville est composé seulement de quatie échevins, car la chaire de « maire n'y a point encore été levée et de dixhuil conseillers esleus tous les deux t ans et d'un procureur du faict commun. (L'office de Maire y fut créé en 1699.).

< Cette ville fournit commodément ce qui est nécessaire pourvivre agréablement ( et faire bonne chère ; les vins des environs sont très abondants et très délicats, la

< viande y est excellente et les veaux de Montiuçon sont fort estimez, le gibier et les « perdrix ronges surtout y sont merveilleuses. Le peuple y est poly, mais peu laborieux

■ et abusant du don que la nature luy a présenté, car il s'adonne beaucoup an vin.

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CFIAPITRE XI

MONTLUÇON AU XVIII= SlÈ3LE

Le Jubilé do 1691. — Troupes casentées A Uontluçon et les environs. — L'hiver de 1692. — Répression de la fraude des meuniers. — Taxe du pain. — L'église Notre-Dame. — Création d'éooles. — L'hiver de 1709, la famine qui s'ensuit. — Extrait .. des registres paroissiaux de Néris. — Une exécution. — Défense d'allumer des trafugeos. — La grêle de 1745. — Imposition de 2495 1. 8 s. 3 d. ~ L'élection des éohevina de 1751. Le grenier & sel. — Les impôts et les droits seigneuriaux. — L'administration municipale. — Les couvents et les monastères. — Actes du XVIIl" siècle extraits des archives de l'Allier.

Le Jubilé de. 1691. — En 1691, il y eut un jubilé universel accordé par le pape Alexandre IX au roi Louis XIV, en reconnaissance de la victoire par lui remportée ■ sur les ennemis de la foi, tous ligués contre la France »■

« II y avait, disent les auteurs du temps, grande guerre qui 6ta.il fort allumée, « et il fallut que le baii, l'arriëre-ban el la milice, double milice marchassent. II y < eut plusieurs batailles et de grands carnages des deux c6l6s ■>

Des troupes furent casernéea à Monlluçoo et dans quantité d'autres paroisses : & Néris, Beaune, etc.

L'hiver de 1692. — L'hiver de 1692 fut si rigoureux qu'on ne pouvait creuser la terre pour ensevelir les morts ; en plusieurs endroits des environs de Montiuçon ou dut enterrer dans les églises.

On remarquera à ce propos que depuis longtemps déjà il était d'usage d'enterrer dans les églises les prêtres, les religieux et même les paroissiens, moyennant redevance. Bien d'étonnant dès lors qu'on ait donné la sépulture dans les églises à des morts dont on ne pouvait creuser la fosse.

Répression de la fraude des meuniers. — En 1693, fut rendue une ordonnance ayant pour objet la répression de la fraude exercée par

MONTLUÇON AU XVIII» SiÈCLE 103

les meuniers, et comme corollaire fat établie la taxe du pain, avec ôche'le proportionoelle.

NouB voici arrivés au xviu» siècle.

A partir de 1700, les évënemeats apparaissent encore plus nets et plus précia, et c'est l'histoire locale prise sur le vif que nous alloos- indiquer les phases par lesquelles a passé ranciaune place forte, l'antique cité féodale, pour devenir la ville industrielle de nos jours.

En 1701, eut lieu la bénédiction des orgues dn l'église Noire-Dame, précédant d'une année la restauratiOD de cette vieille basilique, restauration bien incomplète, car quelques années plus tard, en 1706, la (lèche 8'at)altit complètement sur le sol.

L'année 1705 vit la création de plusieurs écoles dans notre ville et l'institution d'un ofUce de contréleur des r6les de l'état-civil.

En 1707, Montluçon recevait daas ses murs des prisonniers de guerre, dont on lui confiait la garde et l'entretien.

LliiTer de 1709. — 1709 (ut une année de calamités et de malheurs. Le jour des Rois, l'hiver entra dans toute sa rigueur. La neige tomba en si grande quantité qu'il était impossible de sortir de la ville, et il gela si fortement, que blés, vignes, noyers, arbres fruitiers, tout tut détruit ; les chênes eux-mêmes ne furent pas épai^nés et le froid fit périr quantité de bestiaui. Le vin gela dans les caves et les celliers ; les habitants étaient contraints de se blottir au coin du feu, ob ils ne parvenaient qu'avec peine à se garantir du froid. Après le froid vint la famine qui fut terrible et exerça de profonds ravages, décimant les malheureux qu'avaient épargné les rigueurs d'une température sibérienue.

En 1711, bataille entre les gabelous et les faux douaniers.

1720. — Bénédiction de la nouvelle cloche du beffroi. — Naissance de cinq enfants mâles jumeaux.

1721. — Bénédiction de la grosse cloche de l'église Saint-Pierre, ainsi que la cloche actuelle du château, autour de laquelle on lit l'inscription suivante :

t 0 Maria, hora mortis nostrœ sit hora salutis nostrœ. In aono XVIIXXI. Cette c clocbe a été refondue sous le consulat de MM. Raby, Dubes, Brignat, Robinet, ■ des Gourinas et BrugJëre de Lamolte, i leur vigilance et de M. de Laguérenne, t médecin ordinaire du roy. A été parrain haut et puissant seigneur, maître Joachtm « Johannot, chevalier, marquis de Bartillat et baron d'Huriel et de Mirebeau, B seigneur de Sarre, Passât, les Chalais, chevalier de Saint-Louis, mestre de camp • de cavalerie, gouverneur, capitaine et chàlelain de la ville et château de Monllu- < çon, et marraine dame Catherine Lebel, épouse de maialre Marc Fermé, chevalier, € coosetller du roy au Parlement de Paris.

• M. B. Eg. Bernard, fondeur m'a faite >.

1722. — Ecroulement du pont-levis de la porte desGordeliers, bénédiction de deux cloches de l'élise Notre-Dame.

1729. — Arrêt du Parlement condamnant les boulangers à payer le droit de maille sur le prii de la vente du pain blanc, seigle ou froment, qui se vendait en détail dans la vUle et banlieue de Montluçon.

1730. — Violent tremblement de terre.

1731. — Sécheresse extraordinaire.

1732. — Nouveau tremblement de terre.

1733. — Création d'un office de l»"" échevin, d'un gouverneur et d'un lieutenant du roi.

1734. — Bénédiction du drapeau de la milice.

1736. — Des femmes séditieuses crevèrent des sacs de blé qu'on envoyait dansd'autres villes; bénédiction de la cloche de l'église de Dlanzat.

1738. — On signale d'importantes inondations, qui ne sont pas relatées par le journal des curés de Néris, publié par l'abbé Moret, curé de Saint-Menoux, qui n'en mentionne qu'en 1740 :

• Cette aDDée (11M), dit le bon curé nérisien, le temps s'est très mal comporté. 1 Aussi, sans parler des ioondations extraordinaires arrivées en nombre d'endroits

■ de l'Europe par les fréquentes pluies, il y a eu de la gelée presque tous les mois

■ Même le 36 juillet, jour de Sain le- An ne, il y eut une Torte gelée avec glace, ce qui t fit que les vignes ne fleurirent que plus tard. Les raisins, n'ayant pu avancer en

* maturité, furent surpris par la gelée étant encore en verjus ; les 7 et 4S octobre, « la gelée fut si forte, qu'il y avait de la glace de l'épaisseur d'un doigt ; toutes les « vignes achevèrent de geler sans qu'il y eut encore un grain de raisin mfir. Les « grains de raisins se trouvèrent comme cuits, en sorte que ce qu'on ramassa lit a du vin aussi vert qae le verjus el qu'il était si désagréable i boire qu'il en faisait t rechigner jusqu'au fond de l'âme. Il se conserva cependant i. merveille jusqu'aux

■ vendanges de ilH, qui ne furent pas très abondantes, mais produisirent d'excel-

• lent vin. Le vin de l'année précédente fut repassé sur la grappe, ce qui le rendit « assez potable >.

Ce fut encore en 1740 que fut pendue à Montluçon la servante du commandeur de Saint-Jean qui, dans la nuit de la Toussaint précédente, avait mis à mort une gouvernante. Cette exécution mit en émoi tout le pays environnant.

L'année 1743 fut fertile en graines, mais le raisin fut en médiocre abondance et le vin se vendit de quinze à dix-huit livres le tonneau.

Un an plus tard, on signale à Montluçon la présence de Monseigneur de Doye de la Rochefoucault, archevêque de Bourges, qui donne la conârmation à de nombreuses personnes. Les paroisses des alentours, voir même, Néris y amenèrent leurs chrétiens dont plusieurs sont Agés de 18 et 20 ans.

MONTLOÇON AU XVIII" SiÈCLE 105

Les Trafugdos. — En 1744, MontlugOD eut encore & loger et & entretenir des prisonniers et OD défendit d'allumer des trafugeoa. (Tous nos lecteurs savent ce qu'étaient ces feux qu'on allumait pour certaines fêtes et autour desquels la jeunesse s'ébattait et dansait. La coutume s'en est encore conservée dans nombreuses communes de notre département et il n'est pas rare de voir jeunes gens et gentilles âllettea folâtrer, les jours de la St-Jean et des Brandons, autour d'un splendide trafugeo qu'ont alimenté tous les geos du village).

La gràle de 1745. — En 1745, une grfile terrible s'abattit sur Montluçon et les environs^ Il y eut des grêlons plus gros que des œufs de pigeons. La moisson fut détruite dans plus de cent paroisses. De nonibreyx oiseaux et animaux furent tués. On eut même & déplorer la mort de plusieurs têtes de gros bélail. Quantité de b&timents couverts de tuiles furent entièrement saccagés, de telle sorte que les grains dans nombre de greniers furent fortement endommagés et même emportés par des trombes d'eau qui produisirent de grandes inondations. La moisson fut très mauvaise et d'aucuns n'allèrent pas plus dans leurs vignes que dans leurs champs.

Imposition de 2496 1. 8 s. S d. — En 1751, Montlucon se trouvait imposée pour une somme de 2495 livres, 8 sols, trois denier9(lAi livre tournoia valait 30 sols et le aol tournois 8 deniers). L'assemblée des conseillers de ville et des principaux habitants qui eut lieu le 25 juillet, fit observer à l'intendant du Bourbonnais, M. de Beroage, que les revenus de la ville étaient si médiocres qu'ils ne pouvaient sufHre à payer cette imposition et le suppliaient de leur accorder la faveur de l'acquitter en deux annuités.

Eleotîoit des conseillers de Tille. — Le 5 décembre de la même année, jour fixé pour les élections des conseillers de ville, les échevins Piron, Raby et Robinet, attendirent les électeurs de une heure à quatre heures. Cinq seulement se présentèrent ; M. M. Cornereau, avocat ; Chevalier et I^spinard, procureurs ; Discret et Croizier, bourgeois. Le nombre des votants n'étant pas suffisant pour rendre l'acte valable, l'opération fut renvoyéeaul2décembre.Cejour-là, vingt-quatre électeurs, dont douze de la paroisse Notre-Dame et douze de celle de Saint-Pierre prirent part au vote.

A cette époque, Montlucon comprenait la communauté de Montlucon, c'est-à-dire la partie enceinte de fortilications, les faubourgs de la Gironde, de la Presie, des Forces, de Bretonai, de Saint- Pierre, des Nicauds, les villages des Iles et de ChÂtelard.

Sa population était d'environ trois mille &mes.

Au point de vue des juridictions royales, elle comprenait :

106 HrSTOIRE DE MONTLUÇON

!■> Le siège de châtellenie et police, tribunal de première instance qui jugeait les cas de justice civile ordinaire, sauf appel au présidial de Moulins ou au Parlement de Paris.

1' Le siège d'élection jugeait en première instance les cas relatifs àla taille et aux impôts. L'appel était porté devant le bureau des finances de Moulins où siégeaient les ■ Trésoriers de France * qui s'occupaient également de toutes les causes concernant le domaine, la grande et la petite voirie, le recouvrement des sommes dues au trésor.

3* Au grenier à sel étaient établis un bureau pour la vente du sel, dont la recette fournissait trois cents paroisses, de Gannat à Saint-Amand, et un tribunal oii se plaidaient les causes relatives à l'impôt sur le sel ou gabelle.

ip Le tribunal des traites foraines connaissait des affaires concernant l'impôt du même nom.

Les plaids de justice se tenaient dans une salle au château.

Voilà pour la justice. Un mot maintenant des impôts.

Impôts et droits leigneuriaux. — t" La taille était exclusivement payée par les roturiers ; elle portait sur les biens meubles et immeubles et frappait le contribuable en raison de sa qualité et du lieu de son domicile. Elle était perçue k Montluçon par un receveur particulier. 11 en était de même de la capitation [impôt personnel) et des vingtièmes (impôt sur len revenus de toutes sortes),

2" La perception des gabelles, des traites et du tabac était mise en ferme et faite par les agents des fermiers généraux.

Les traites étaient les droits de transit ou de douane. On percevait la traite foraine, qui n'était autre qu'un droit prélevé sur les marchandises venant du dehors, telles que blés, toiles, laines, épicerie, etc.

3> Les aides, également mises en régie, étaient perçues, comme la taille, par un receveur particulier qui, lui-même, versait sa recette au i^ceveur général. Cet impôt correspondait aux contributions indirectes et frappait les boissons, cuirs, papiers, savons, cartes, etc.

Le bureau de Montluçon, oti étaient perçus les droits domaniaux, correspondait à la recette de l'enregistrement et des domaines.

Il existait encore bien d'autres droits seigneuriaux ; mais les uns, comme les dîmes, n'étaient payésqu'avecdifficulté, et les autres faisaient l'objet de nombreuses contestations et procès ; tel le droit de franchebourgeoisie réclamé par le prince de Condé.

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