‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 28 sur 113 · SITUATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SITUATION GÉNÉRALE

Administration communale. — Au pointdevue de l'administration communale, Montluçon était pourvu d'un conseil, dont le nombre des

Ohftpitre Saint-Nicolas, cAté du Doyenné.

membres variait. Ces cooseillers, élus par les habitaots, étaient pris par moitié dans les deux paroisses et choisis parmi les magistrats des différentes juridictions royales, les procureurs, les marchands et les bourgeois.

Ces cooseillers nommaient les échevins et les administrateurs de l'Hôtel-Dieu. La présidence du conseil de ville appartenait à un officier nommé par le roi, qui prenait le titre de premier échevin.

Ils étaient convoqués aux assemblées par billets individuels et les habitants au son de la cloche ou du tambour. Quand il s'agissait de la répartition des impôts, tous les taillables devaient y assister.

Les convocations étaient foites en vertu d'une ordonnance de l'intendant. Un magistrat, lieutenant civil, président du siège d'élection ou procureur du roi, assistait aux séances et donnait acte des délibérations aux maire et échevins.

Les réunions du Conseil de ville avaient lieu dans la chambre de la Porte des Cordeliers qui servait d'Hôtel commun depuis un temps immémorial, et les assemblées des habitants se tenaient ordinairement dans la salle de l'auditoire, au château.

Les dépenses ordinaires de la ville étaient fixées par l'intendanti elles étaient modiques et consistaient en frais de chauffage, d'éclairage et de bureau de la mairie, billets de logement, appointements du principal du collège, gages des clercs de ville, du fontainier, de l'horloger et du héraut public.

Presque toutes les réparations ou constructions faisaient l'objet d'un emprunt sans intérêla ou d'une souscription spéciale entre les habitants qui répartissaient la dépense entre les corps de compagnie et de métier et choisissaient un receveur.

Les principaux revenus de la ville consistaient dans la recette du droit de maille établi sur le pain blanc fabriqué par les boulangers, qu'elle encaissait intégralement, et dans les droits] d'octroi sur les vins, dont elle partageait le produit avec l'Etat.

: L'Hdtel-Dieu tirait son revenu des quêtes faites dans les églises les dimanches et jours fériés, par les sœurs qui le desservaient, du produit des vignes et des jardins qu'il possédait et de donations particulières.

' Après les revenus, les charges. Elles consistaient dans l'entretien des bâtiments communaux : hôtel de ville, églises, collège, horloge, fontaines, portes et murailles ; dans le paiement de lourdes contributions royales, tels que les dons gratuits, et dans la rétribution de certains oCfices que le roi octroyait contre espèces, tel que l'oftice de procureur du roi du fait commun, et dont le titulaire devait recevoir mille livres par an prises sur les revenus des deniers patrimoniaux et d'octroi.

MONTLUÇON AU XVIII" SlÈCLE 109

Les monastâres. — Les habitaots étaieat astreiota & la corvée et à loos les devoirs de Tancien régime. Au point de vue religieux, il y avait deux cures : Notre-Dame et Saint<Pierre ; deux prieurés : Béaédictina à Notre-Dame et Augustias à Saiat-Pierre ; un chapitre ; deux communautés d'hommes et deux communautés de femmes :

Les b&timents du chapitre Saint-Nicolas situés entre la place Notre- Dame et les rues Saint-Nicolas, des Ursules et de la Comédie.

Le couvent des Capucins, hors des murailles longeant le Cher, en lace le champ de foire actuel avec une entrée donnant sur le faubourg Saint-Pierre, à l'angle de la rue de Belfort.

Lemonaetèredes Cordeliers occupait les t>&timenlsactuel5derhdpilal.

Le couvent des Bernardines, l'emplacement occupé par le Lycée.

Le couvent des Ursulines, les t>&timents de la Mairie.

Le collège était installé rue Notre-Dame, dans l'hôtel de la Coudre et entretenu par la commune; il recevait une subvention du chapitre Saint- Nicolas.

Le commerce et l'induslrie étaient prospères. Ia fabrique d'armes blanches avait disparu ; les tanneurs, potiers étaient peu nombreux et leur commerce végétait.

La vigne seule était féconde et nos aïeux se délectaient du petit vin du vignoble montluconnais.

Extrait3detafehiveaderhôteldevilledeMonUuçon,l*'vol.degdélibérationi ACTES & ORDONNANCES DU XVlll" SIÈCLE

8 juillet 1740. — < Bail du droit levé sur le bois entranl par le pont du

< Clier, adjugii pour trois ans commençant à la Saint-Jean dernière, moyennant I quinze livres par an à Jean Dauchier, par Gilbert Guârin, avocat au Parlement ; t Gilbert Fourneau, sieur de Cerclier ; Gilbert Robinet, sieur des Gourinas ; tous ■ éehevins de Monlluçon. >

(Papier. Archives de l'Allier. C. 28)

28 Janvlev 1742. — « Bail semblable : 1' à Elisabeth Clermontet, veuve de

• Jean Denenvy, boucher, des droits sur le bois entrant par la porte des Cordeliers, > pour douze livres par an; 2° à Gilbert Seslre, boucher, des droits sur le bois entrant

* par la porte des Forges, moyennant quarante livres par an. >

1744, 2 février. — « Nomination, en assemblée publique d'babilantsde Gilbert « Hérigot comme condeul.-ur des fontaines de la ville en remplacement de son père

< trop âgé. *

16 mal 1744. — « Agy Omar, neveu du pacha de Tanger, avec trois oITiciers « et leurs femmes passent à Montlu(OQ. s

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1760. — Tableau des offieien à l'élection de Montluçon :

fl Président, Pierre Favière, gagea 366 livres.

or LieutGDant, Gilbert-Nicolaa Perrot, gages 300 livres.

< Ëlus : Louis Robinet du Theîl, Pierre Martinet, Gilbert Beaudeau de la Paye, a Abdou-Jean-Etené Carreau, gages chacun 369 livres.

< 5» élu, Jacques Graillot des Maziâre, gages 300 livres.

« Procureur du Roi, Claude-An tonin Trïnier, gages il6 livres. • Lieutenant général de police, Gilbert- Ignace Graillot de Givrette, gages 80 li. vres. »

(Papier. Archives de l'Allier. C. 235).

1762. — «Le bureau des Tinances de Moulins condamne les sieurs Brignat et « Benoit, anciens échevins, le premier i 20.000 livres, le second à 40.000 livres < envers la ville, pour avoir perçu i leur gré et sans en tenir compte des octrois de

> la ville pendant plusieurs années. »

(Papier. Archives de l'Allier. C. 163),

1768. — « Requête dos maire et échevins à l'intendant de Moulins pour « obtenir l'autorisation de convoquer une assemblée des principaux habitants de « Montluçon â l'effet de décider que le sieur CJbot, directeur des aides à Montluçon,

* se chargera du recouvrement du droit de maille pour la ville, en exerçant cbes les fl boulangers comme il fait chez les cabareliers pour d'autres octrois, el ce en raison

> du mauvais vouloir des boulangers à acquitter directement ce droit à la ville.

« Permis de convoquer accordé le 20 avril 1763.

a Consentement des notables habitants à ce que le droit soit donné eu régie k H. Cibot, U avril 1763. •

(2 papiers. Àrc/Uves de l'Allier. C. 27).

Oéoembra 177S. — Baux à ferme pour 9 ara commençant à la Saint- Jeatt'Baptiste de 1776, par Sicolas Gellé, agent des affaires du vrince de Condé :

■ (A). Du droit de banalité ou faculté de cuire le pain des habitants ;

> |o Du faubourg des Cordeliers, passé A Gilbert Charbonnier, boulanger audit

> faubourg, moyennant 40 livres par an ;

« 3" De la paroisse Saint-Pierre, à Nicolas Gandolin, boulanger en ladite ■ paroisse, moyennant 130 livres par an ;

■ 3° Du faubourg Saint-Pierre, à Antoine Dhumes, boulanger, moyennant 1 200 livres par an ;

t 4" De la paroisse Notre-Dame, à Jacques Groin, boulanger, moyennant « 185 livres par an ;

< 5" Du feubourg des Forges, à Antoine Tomazon, boulanger audit faubourg, n moyennant 200 livres par an ;

« 6» Du faubourg de Brelonny, i Gilbert Huillier, boulanger, moyennant

• SS livres par an ;

n (B). Du droit de leyde qui se perçoit sur les grains el autres denrées en celte n ville, avec les droits de barrages perceptibles aux faubourgs de Bretonny et des

0 Forges, â Joseph Picaud, boulanger et Jacques Barranger, marchand A Montlucon,

1 moyennant 250 livres par an ;

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MONTLUÇON AU XVIII' SiÈCLE lïl

t (C). Des carpoU de Montluçon, à Louis ISéraull, ancien boulanger, moyennant I liO livres par an. Ce droit étail aussi appelé droit de quart-fruit. Il consistait en I un impAt établi sur certaines vignes ; il rapportait peu et ne rentrait que fort I difKcilement. >

CroUé« gothique de l'ancien Olupitre Soint-Niuolaa

(Vue prise de nos jours).

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