‹ Histoire de Montluçon, d'après des documents inédits. Annexes: Montluçon industriel, l'antique cité féodale transformée en ville industrielle, 1840; notabilités montluçonnaises; environs de Montluçon; étude sur NérisChapitre 63 sur 113 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Hontluçon doit & sa dispositioa géographique d'être devenu une grande ville manufacturière.

La nature même semblait indiquer Montluçon comme la clef, à la fois de ce versant du Massif Central et de la plaine du Berry.

C'est le point oîi cesse la montagne et où s'ouvre la plaine ; la vallée du Cher est une voie d'accès relativement commode à l'intérieur du Massif; c'est là que s'établissent les Romains pour surveillera la fois la motitagae et la plaine. Depuis les temps les plus reculés, Néris, puis Montiuçon, ont été un point stratégique important ; c'est pource motif que les Anglais pendant la Guerre de Cent ans, en désirèrent la possession.

Or, c'est précisément cette situation géographique qui, après avoir fait l'importance stratégique de Montlucon, a fait ensuite son importance industrielle et commerciale.

La montagne contenait les houillères deCommentry, Doyet, Bézenet, les Ferrières, etc., la plaine offrait les mines du Berry.

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Les unes ne pouvaient devenir produclives sans ies autres. C'est pourquoi jusqu'.^ l'établissement du canal du Derry, houillères et mines n'alimentèrent que la consommation et la production locales ; les forges du Rerry ne pouvaient fondre qu'au bois, ressource de plus en plus insuffisante, à mesure que les progrès techniques réalisés dans la fabrication de la fonte et du fer se généralisaient ; quant aux houillères, elles n'utilisaient guère leur charbon que pour les usages domestiques, aus environs immédiats des mines.

Il ne pouvait en être autrement, puisque le trait d'union manquait entre les houillères et les mines.

Ce trait d'union fut le canal du Berry ; grice & lui, charbon et minerai de fer se trouvèrent en contact et le développement industriel de la région s'en suivit.

Mais pourquoi les industries métallurgiques et verrières s'établlrentelles à Montlucon, plulèl qu'ailleurs ? Li volonté des hommes en fut * moins cause que la nature elle-même. Le canal ne peut remonter jusqu'aux houillères ; il se glisse, le long de la vallée du Cher jusqu'à Montluçon, mais force lui est bien de s'arrêter à la muraille de granit qu'entame le Cher au sud de la ville ; la rivière elle-même y a fait une entaille tout juste assez large pour s'assurer le passage.

Ainsi le carreau de la mine reste nécessairement éloigné du canal, le transport du charbon demeure dispendieux. De Commentry ou de Bézenet des voitures chariaient le charbon sur la grande route ; mais à Montluçon il fallait le faire passer de la voiture au bateau. Ne devait-il pas être plus économique de rassembler à Montluçon le minerai de fer et la houille ? Ils viennent au devant l'un de l'autre, sans rupture de chai^, l'un par la voie d'eau, l'autre par la voie de terre.

Voilà pourquoi Montluçon était désigné, par la nature même, pour être le siège de grands établissements métallurgiques. Du jour ob le canal fut ouvert à la circulation, le développement industriel de Montluçon commença.

L'industrie du verre, de même que celle du fer s'y créa par les mêmes raisons, les sables de la basse vallée du Cher sont transportés par le canal jusqu'à Montluçon, où ils rencontrent la houille du massif central. Enfin l'industrie des engrais chimiques, des fours à chaux, etc., devaient s'y développer, en raison des mêmes circonstances.

On voit donc que la prospérité industrielle de Montluçon s'est fondée sur des causes naturelles, et par suite, durables.

On voit aussi quelle est l'importance du canal du Berry. Il est donc naturel qu'il fasse l'objet du premier paragraphe de notre élude sur les industries locales.

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Canal du Berby Canal da ttex>i*y

C'est au canal du Berry que nous consacrerons la première partie de ce chapitre, réservé aux industries montluçonnaises. Nous lui devons cet honneur, tant à cause de son ancienneté, que des bienfaits qu'il n'a cessé de répandre depuis sa fondation, sur notre région en général et sur Montluçon en particulier.

Sans lui, en elTet, que serait encore notre cité? Une simple petite bourgade de cinq ou six mille âmes, telle que nos pères l'ont connue il y a quelques soixante ans. Le canal a tout amené à Montluçon : la Glacerie, les Usines métallurgiques, la Verrerie, tes Fours à chaux, etc. En effet, aucune de ces grandes industries ne se fut implantée chez nous, si elle n'eut été certaine d'y trouver les moyens de se procurer dans de bonnes conditions, les matières premières nécessairesàsonfoncLionnement.Seuls la possibilité des transports par voies d'eau et le voisinage des houillères de Commentry et des minerais du Berry pouvaient donner ce résultat.

On avait songé vers la fin du XVllI* siècle à canaliser le Cher, mais le projet fut reconnu irréalisable. La question, remise à l'étude sous le Premier £mpire,aboutit à la création d'un canal indépendant du litde la rivière. Commencés en 1811, les travaux furent d'abord menés avec beaucoup de célérité ; on y employa même les prisonniers de guerre et le bassin de Montluçon fut creusé par des prisonniers espagnols. Continué par voie d'entreprise, le canal put être définitivement ouverte lacirculation, à la fin de 1834.

L'arrivée du premier bateau dans notre port, lequel était pavoisé et enguirlandé, appartenait au marinier Raby ; il fut accueilli par des salves joyeuses Urées du haut de l'esplanade du chAteau, avec les deux canons le Nancy elle Chien (i) dont la possession faisait l'oi^ueil et la joie de nos pères.

Cette voie d'eau, aussi modeste qu'utile, qu'est actuellement le canal du Berry, n'eut à ses débuts qu'une activité relative; mais à partir de 1850, le mouvement de circulation s'accentue progressivement et bientôt notre cité va devenir le port intérieur le plus important de la région.

En effet, la statistique de 1902 accuse pour Montluçon un tonnage de 364.749 tonnes, et, comme le trafic total de la première branche du canal du Berry (celle qui est comprise entre Montluçon et Fontbiisse), a été de 371.583 tonnes la même année, on peut constater que les marchandises en partance ou à destination de Montluçon, constituentà elles seules à peu près tout l'ensemble du trafic de cette branche.

M) Canoas encore existants à l'Hôtel de Ville.

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Désormais, le port de ModUuçod expédie et reçoit de nombreuses marchand ises.

Les petits bateaux berrichons de 60 tonnes, hâlés par des &nes,;Souvent même à muscles d'hommes, emportent vers le Centre et le Nord, la houille du bassin de Commentry ; 124.746 tonnes ont été ainsi expédiées en 1902, dont 29,000 environ, ont pris le chemin de la troisième branche du canal (de Fontblisse à Marseille-les-Aubigny).

Le charbon a été distribué à Bourges, Pont-Vert, Mehun-sur-Yèvre et Vierzon; à Sancoios, Nevers, Fourchambault, Bri&re et Roanne ; la houille du massif central a poussé même jusqu'à Ch&lon-sur- Saône et Auxerre. En échange de cette houille, les bateaux ont apporté des matières premières nécessaires à l'Industrie montlu^onnaise; tes sables de Nemours destinés à la Glacerie, les sables plus grossiers d'Episy, de Drevant, de Vierzon, employés pour les Verreries et la fabrication des moules pour pièces de fonte ; ils ont alimenté les hauts- fourneaux et les fours à chaux avec les minerais du Berryet la pierre calcaire deDun-sur-Auron ; ils ont apportéaussi des matériaux de construction : minéraux, tuiles de Sancoins, d'Ecuisses, de Roanne ; chaux hydraulique de Beffes et de Marseille-les-Aubigay ; enfin des bois d'étais pour les mines voisines.

L'ensemble de ces divers produits représente environ 161.000 tonnes. Le port de Montluçon vit donc des industries locales, mais il est aussi un port de transit; c'est du Sud que lui sont amenées les houilles, qui sont expédiées ensuite vers le Nord, et de même une partie des marchandises venues du Nord poursuivent leur route vers l'intérieur du massif central; elles quittent à Montlucon la voie d'eau pour emprunter la voie ferrée et le canal a ainsi fourni au chemin de fer un trafic de 46.928 tonnes en 1902. (1)

(1) I.a plupart dts chiffres et noies statisliiiucs de cette étude ont (■U cxti-ails d'un ouvrage fort intéressant de notre concitoyen, M. Antoine Vaclicr, agrégé d'Histoire et de Géographie. Essai de Gi^oonAPinE I'hbaine. — a'huand COLIN, éditeur. Paris, 1<J04.

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Historique DES Usines & Manufactures

Société Anonyme de Commentry-Fourcbambault & DecazdTille

{Capital i5,75O,0O0 francs)

Première Usine Métallurgique

Hauts-PoniriteavuK de Montlaçon — 18.40

La iortune iadustrielle de Montlucon commence et va grandir sans interruption. C'est en 1640 que remontent les grandes origines de la cité industrielle de Moutlucon.

Le nom de M. Benoist d'Azy, de la Nièvre, aucieu vice-président de nos assemblées parlementaires, l'un des fondateurs et vice-président de la Compagnie des chemins de fer de Paris-Orléans est le premier qui doit être cité en celte étude et voici comment cet homme, qui a occupé une situation considérable dans notre pays, a été conduit à s'intéresser à Montlucon.

Actionnaire dévoué des fonderies de Nevers et de La Pique, il se rendit en Angleterre pour étudier les industries métallui^iques.

Ami des familles de Monlaignac et de Raflîn, originaires de notre région,en 1836 il appela l'un de leurs membres, M. Palamëde de Montaignac, alors âgé de vingt-quatre ans, pour l'attacher à ses travaux.

Dans un entretien, ce dernier lui donna communication d'une lettre que lui écrivait, du Plaide, l'une de ses tantes, lui annonçant la réussite des recherches de houille anthraciteuse aux Ferrières, près du bassin houiller de Commentry, dans la propriété de la famille de Peufeilhoux, qui provoqua un peu plus tard, la découverte des houillères de Chamblet.

Au cours des recherches, M. Benoist d'Azy vint à Mootiuçon, et piloté par M. de Montaignac, il visita le pays, s'enquit de ses ressources, désigna les études k foire des richesses des houillères de ce bassin, des minerais du canal du Berry, depuis Torteron jusqu'à Saint-Florent, des frais d'exploitation et des voies de transport déjà créées et de celles projetées.

Et, dans une réunion, où se trouvaient MM. Benoistd'Azy, Drouiilard, de Raffîngde Saint-Phal et M"^ deMontaignac,tous intéressés à la question, la création des premiers Hauta-Fourneaux de notre ville fut décidée (i).

(1). Notes de M. P. de Montaignac, coniniuoiquées à l'auteur par ftl. Prot, ancien imprimeur, de notre ville.

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Ce fut un M.GraDgier.capilaliste et industriel deaenviroosde Dijon, qui avait admiaistré d'importantes usines à fer, près d'Alais, qui fut désigné comme gérant de l'installation de notre première usine locale, laquelle (ut édifiée sur des terrains appartenant à M">' de Dreuille, sur la rive droite du Cher, un peu en aval de l'embouchure du canal du Berry.

Les études, les plans, furent conçus et exécutés par M. E. Mauby ingénieur anglais, alors secrétaire de la grande Société des Ingénieurs de Londres, envoyé par M. Benoist d'Azy. Les travaux commencèrent, mais bientôt M. Grangier tomba malade ; sa santé s'altérant, ne lui permit plus de conserver la responsabilité de l'entreprise, et il fut obligé de rentrer en Bourgogne dans sa famille.

M, Guérin, ancien directeur des Usines d'Imphy (Nièvre), pressenti par M. Benoist d'Azy, après s'être assuré du concours de ses beaux-frères de Lyon, prit la direction de la Société des Hauts-Fourneaux de Montlu- 'ucon, dont l'acte de société fut passé chez M* Ducloux, notaire à Paris.

Avec le concours de l'ingénieur Mauby, la nouvelle usine se construisit rapidement et bientôt l'on vit au sommet de la grande cheminée des souflleries, en relief sur les faces, la première lettre du nom des cinq associés fondateurs : B {Benoist d'Azy) ; K (de Kersaint) ; Gf (Guérin) ; G (Ganon) ; L (Languinier). Le tout subsiste encore.

Un premier Ilaut-Fourneau fut mis en feu au mois de septembre 1842, en dehors de l'enceinte qui avait limité la ville forte des Capétiens et des Valois, un second en 1844, deux en 1847; deux autres ont été construits de 18(i9 à 1871; enlin neuf étaienlen feu en 1872,

En 18ô:}, l'usine fut vendue à la Société Boigues-Bam bourg, propriétaire des houillùresde Gommentry ;M.Mony, fut nommé directeur général de la société ; il confia la direction des Hauts- Fourneaux de Montluçon à M. t'orey, l'un de ses collaborateurs dévoués.

En 1874, la société en participation Boigues-Itambourg se transforma en société anonyme sous la dénomination Commentry-Fourchambault et l'usine prit encore une plus grande extension.

La société de Commentry-Fourchambault, exploite divers établissements formant deux groupes principaux, celui des Mines et celui des Usines Métallurgiques.

Le premier groupe comprend :

X" La houillère de Commentry ;

1° La houillère de Montvicq ;

3" Les houillères de Brassac (Puy-de-Dôme et Haute-Loire).

4» Les houillères de Decazeville (Aveyron) ;

5" Les mines de fer du Berry ; (1)

.0 ne po)>s6i1c plus de lenains miniers dans le ten-iloirc

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tlAUTS-fîoUHNEAUit DE MoNTLUyON ^1

6" Les mines de fer de l'Aveyron.

Le second groupe comprend :

1' Les Hauts- Fourneaux et Fonderies de MontluçoD ; 2° Les Forges, Aciéries et Tréfileries de Fourchambault (Nièvre) (I) ; 3" Les Fonderies et Ateliers de constructions de Fourchambault (2) ; ÂP Les Fonderies et Ateliers de Ferronnerie de la Pique (Nièvre) (3) ; 5" Les Aciéries, Fonderies et Ateliera d'Imphy (Nièvre) ; 6" Les Hauts-Fourneaux, Fonderies, Forges et Ateliers de Decazeville (Aveyron).

La liouillère de Commentry et ses dépendances,depuis 1821, propriété de MM. Hambourg père et Qls, fut réunie eu 1^3 aux établissements de Fourchambault, dont la famille Boigues ëlail propriétaire depuis 1818. Ce fut en 1853 que se constitua la société Boigues, Hambourg & C" pour l'exploitation des mines de Commentry et des usines de Fourchambault. Cette société, en 1890, a acheté les mines de Brassac, situées dans les départements du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire; en 1892, par suite d'uD traité de fusion avec la société anonyme nouvelle des houillères et fonderies de l'Aveyron, elle est devenue propriétaire des mines de fer, des hauts-fourneaux, des fonderies, torges et ateliers de Decazeville.

Ces établissements métallurgiques occupent une superficie de plus de 80 hectares, dont 12 hectares couverts ; depuis qu'ils appartiennent à la nouvelle société, ils ont été entièrement reconstruits et transformés.

Les concessions houillères sont de 6.461 hectares et les concessions minières de 5.761 hectares.

L'effectit de son personnel est de 10.560 ouvriers et les diverse:) machines ou appareils utilisent une force de 6.000 chevaux- vapeur. La production des divers établissements de la société est :

Houille 1.000.000 tonnes.

Minerai 120.000 —

Fonte 50.000 --

Mouleries de fonte 15.000 —

Fer 10.000 -

Acier, y compris les moulages. . . 30.000 — • Ferronnerie (canons, essieux, pièces

de forge) 3.000 —

La concession des houillères de Commentry comprend toute la commune de ce nom, soit une superficie de 2.022 hectares.

Hauts-Fourneaux. — L'usine des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Montluçon est située sur la rive droite du Cher et reliée par des chemins

(I) Cette iisiiie a élé vendue, récemment à un industriel de la Loire. (2 et 3J Ces deux usines ont éti^ également vendues il y a une douzaine d'années, à la Sociôto Uagnard & C.

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de fer au port de MoDtIuçon sur le canal du Berry, au chemin de fer de la mine de Commentry et au chemin de fer d'Orléans par un embranchement particulier.

Les matières premières lui viennent de Commentry par le chemin de fer de ta mine, pour le coke et le charbon ; du Cher, par le canal, pour ses minerais et ses castines.

L'usine est sillonnée de chemins de fer à voie d'un mètre, sur lesquelles le service est fait par des locomotives spéciales, construites dans les Ateliers de Commentry.

C'est à Montiuçon qu'ont été fondues les grandes colonnes desgaleries Rapp et Desaix, les sabots des fermes du palais des machines de l'Exposition de 1889 et ceux de la tour Eiffel.

Il nous semble également intéressant d'appeler l'attenlion sur quelques-uns des nombreux travaux exécutés par la Société.

Colonne de Juillet, & Paris.

Pont des Saints-Pères, —

Pont de Soiférino, —

Pont de la Cité, —

PontdupuitsdeGrenelle, —

Pont Barbin, à Nantes.

Pont Handaudine & Nantes ;

Pont de Nevers ;

Pont de Clamecy à Nevers (P. L. M.) ;

Pont de la Croix Saint-Lazare à Nevers ;

Pont suspendu'de Fourchambault ;

Pont suspendu de Cosne (Haute-Loire) ;

Pont suspendu de Saint-Thibaud ;

Pont de Beaucaire ;

Pont de la Mulatière ;

Pont de Stockolm ;

Marché couvert de Saint-Etienne ;

Marché couvert de Dijon.

En ce qui concerne plus particulièrement l'usine des Hauts-Fourheaux et Fonderies de Montlucon, on peut résumer son histoire industrielle de la manière suivante.

Primitivement installée, comme il a été dit, elle est destinée tout d'abord à la production exclusive de la tonte en creusets qui, expédiée à Fourchambault, y était transformée en fer ; une partie seulement étant mise en ueuvre à Montluçon dans une fonderie adjointe aux Hauts-Fourneaux ; on fabriquait en ce moment les moulages mécaniques nécessaires aux installations de la houillère de Commentry, et vers la fin de la période, des coussinets de chemins de fer et d'autres moulages communs.

Hauts-Fourneaux de Hontluçon 439

Ed 1877, quelques années après l'introductioa eo France du procédé Bessemer, pour la fabrication de l'acier, quatre convertisseurs furent installés dansl'usine, avec les puissantes machines soutdantes nécessaires qui furent fôites dans les ateliers de la Compagnie.

On installa aussi des fours Martin, destinés comme lesconvertisseurs Bessemer, h la production de l'acier en lingots.

Ces fabrications exigeant l'emploi d'une cerlaine quantité de ferromanganèse, métal très cher, sa fabrication se faisant au creuset, le directeur de l'usine de l'époque, M. Forey,eut l'idée d'en essayer sa fabrication au haut-fourneau ; il y réussit et fut le premier à employer cette méthode, qui se généralisa de suite, vu les grands avantages qu'elle présentait sur l'ancienne.

Grâce à ces fabrications nouvelles et aussi à l'activité générale de l'industrie à l'époque, l'usine futtrès prospère jusqu'en 1878, A ce moment, l'invention du procédé Thomas pour la déphosphoration de la fonte, qui permit d'utiliser pour la fabrication de l'acier, les fontes phosphoreuses de l'Est, fit délaisser celles de notre région qui étaient trop chères. L'industrie du Bessemer fut donc abandonnéeen même temps dans toutes les usipes du centre et la fabrication du ferro-manganèse ne larda pas à être supprimée à Montlui;on, comme les convertisseurs et les tours Martin. Réduite à une petite fonderie, il fut décidé par la Compagnie, de transporter à Montluçon l'importante installation existant à Torteroo,pour la fobrication des tuyaux coulés verticalement, et dès 1880, la production en tuyaux et autres pièces de fonderie Fut suffisante pour absorber la fonte produite par les hauts-fourneaux, avec la consommation des usines de Fourchambault et quelques ventes au commerce pour deuxième fusion, les fontes de moulage de Montluçon étant très appréciées par le service de l'artillerie, les fondeurs du Centre et de l'Est qui les réclament pour leurs qualités améliorantes et leur résistance.

Malheureusement pour l'usine, cette nouvelle période de prospérité ne fut pas de longue durée, te développement de la production de la fonte dans l'Est et la fabrication de plus en plus réduite du fer puddié, réduisit à néant la consommation de la fonte de Fourchambault et condamna l'usine de Montluçon & se sufllre & elle-même.

Aussi s'est-elte de nouveau transformée dans ces dernières années en installant en grand ses ateliers de fonderie, les munissant d'appareils de levage puissants et mettant ses ateliers de construction en rapport par l'achat d'un puissant outillage qui permet d'usiner toutes les pièces coulées.

Elle livre avec l'outillage perfectionné et puissant, dont elle dispose depuis deux ans, des pièces brutes etEyustées, pesantjusqu'àSO.WO kilogrammes.

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Elle fabrique couramment le matériel de chemins de fer, plaques tournautes, grues de toutes espèces, cylindres de locomotives, coussinets, etc.

De sorte que l'usine des Hauts-Fourneaux de Monllucoo peut être considérée comme la plus puissaute fonderie du centre de la France.

Direotion. — Après M. Guérin, ie directeur fut M. Forey de ISW à 1885. M. Dumon de 1885 à 1901, et actuellement c'est M. A. Egré qui en est ie directeur.

Houillères de Commentry. — Origioe. — La découverte de la houille à Oommeotry parait remonter à la fin du xvi* siècle.

Un acte de 1618 montre que la houille était tirée à cette époque, au lieu dit des Pourrais. De cette date, et pour une période de deux siècles, une longue série de baux indique que l'extraction du charbon n'a jamais cessé dans les régions des Pourrais, du Bois-Forèt et du Plavéret. La charbonnière des Pourrais était louéeen 1663 pour trois années, moyennant 200 livres tournois ; en 1727, celle du Bois-Forêt pour 110 livres.

Un arrêt du conseil d'Etat, en date du 12 juillet 1788, accordait pour trente années ta concession de toutes les mines situées dans la paroisse de Commentry à la dame Chazeron et aux sieur et demoiselle Berthet. Par contrat du 28 mars 1813, M. Berthet céda tous ses droits à MM. de Brancas et Hambourg, et par adjudication du 9 février 1818, M. Rambourg devint acquéreur de la part de M»"" Berthet. Enfin le 12 février 1821, M. de Brancas vendit ses droits à M. Hambourg qui devint seul propriétaire des mines de Commeatry. MM. Hambourg fils s'associèrent plus tard à la Société anonyme des Hauts- Fourneaux de Montlucon, laquelle, après plusieurs transformations, devint la Société actuelle.

Cette houillère, exploitée longtemps pour les besoins de la consommation régionale, n'a pris une véritable importance qu'à partir de l'ouverture du canal du Berry et de l'établissement du chemin de fer à petite section, qui a relié directement la mine au canal en 1844. La traction faite d'abord par des chevaux a été efl'ectuée par des locomotives ft dater de 1854.

Un embranchement, fait en iSdG, a mis la mine de Commentry en communication avec le chemin de fer d'Orléans.

Les houillères de Commentry et de Montvicq ont été reliées par une voie ferrée en 1878.

Le chemin de fer des houillères avec ses divers embranchements a un développement de 45 kilomètres. Enfin tous les services communiquent enlre eux par une ligne télé|)honique.

Pour juger de l'importance des mines de Commentry, il suHlt de jeter un coup d'œii sur le tableau ci-dessous :

HAUTS-foUKNEAUX DE MONTLUÇON 441

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